Edward Snowden est prêt à rentrer aux Etats-Unis mais…

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Par Elodie le

En juin, cela fera deux ans qu’Edward Snowden s’est vu accorder l’asile politique en Russie. Si le dernier a été renouvelé pour 3 ans, le jeune homme a le mal du pays et envisagerait de retrouver sa mère patrie, mais pas sans conditions.
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Exfiltré de Hong Kong avec l’aide de Wikileaks pour rejoindre l’Amérique du Sud (Équateur ou Venezuela), Edward Snowden a été stoppé dans sa fuite à l’aéroport moscovite de Cheremetievo par les autorités américaines qui ont fait annuler son passeport.

Après plus d’un mois d’errance dans la zone de transit, il s’est vu accorder l’asile politique, renouvelé l’été dernier pour trois années supplémentaires. Sa petite amie, Lindsay Mills, l’a d’ailleurs rejoint à ce moment-là, comme l’a révélé le film documentaire réalisé par Laura Poitras CITIZENFOUR (elle était d’ailleurs présente sur la scène des oscars avec la réalisatrice Laura Poitras et le journaliste Gleen Greenwald pour recevoir la récompense du meilleur film documentaire).

Cependant, alors que les États-Unis réclament toujours son extradition et que nombre d’Américains le considèrent comme un traitre, l’un des avocats d’Edward Snowden, Anatoly Kucherena, vient de confier au média russe TASS que ce dernier aimerait bien retrouver sa mère patrie.

Edward Snowden « est prêt à retourner aux États-Unis, mais à la condition qu’on lui donne la garantie d’un procès légal et impartial ».

Une inquiétude légitime pour le lanceur d’alerte au regard du traitement qui leur est réservé au pays de l’Oncle Sam, et ce n’est pas Chelsea Manning qui le contredira.
Même si les États-Unis ne sont récemment dotés d’une loi protégeant les lanceurs d’alerte, l’administration Obama est très sévère envers ceux qui divulguent ses petits secrets. Snowden est d’ores et déjà inculpé d’espionnage, de vol et d’utilisation illégale de biens gouvernementaux, deux de ces délits tombent sous le coup de l’Espionage Act.

Une ironie « évidente » que n’avait pas manqué de relever Gleen Greenwald à l’époque dans The Guardian.

Ce sont les mêmes personnes qui ont construit un système de surveillance omnipotent, pour espionner n’importe qui, dans le monde entier, y compris leurs propres citoyens, qui accusent maintenant d’espionnage la personne qui s’est contentée de révéler l’existence du système.

Si la peine de mort a été exclue par Éric Holder, ministre de la Justice, la haute trahison risque d’être tout de même réclamée, l’un des délits fédéraux les plus graves qui soient.
Mais cela ne satisfait pas son avocat russe, qui estime qu’« Actuellement, ils garantissent que Snowden ne sera pas exécuté, pas qu’il recevra un procès équitable. Et la garantie vient du ministre, qui ne peut même pas influencer les décisions des tribunaux selon la loi ».

Edward Snowden souhaiterait donc obtenir un procès équitable c’est-à-dire un procès avec un jury populaire, afin d’avoir une chance d’expliquer ses actes, mais surtout d’amener à un débat sur les sujets qu’il défend depuis le début.