Pour Eric Holder, une « possibilité existe » de trouver un accord avec Edward Snowden

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Par Elodie le

L’ancien ministre de la Justice l’affirme, la porte n’est pas fermée pour des négociations avec Edward Snowden qui n’a jamais caché son souhait de rentrer chez lui, aux États-Unis.

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En juin, cela faisait deux ans que l’ex-agent de la NSA Edward Snowden avait pris la poudre d’escampette emportant avec lui les secrets inavouables de la toute puissante agence de sécurité nationale américaine.
Depuis, les premiers articles sont tombés entrainant une déflagration mondiale sans précédent, des réactions courroucées plus ou moins feintes et un sentiment quelque peu paranoïaque du « tous surveillés ».

Les États-Unis, avec l’USA Freedom Act ont entrepris de réformer leur politique de surveillance – a minima – en mettant fin à la collecte massive et en vrac des données téléphoniques et électroniques des citoyens américains, uniquement.

Si Edward Snowden s’est félicité de ses victoires engrangées au fil de ces années d’exil en Russie (où il a obtenu l’asile politique, renouvelé jusqu’en 2017), son sort est toujours en suspens et source de vives tensions dans sa mère patrie.

Pour Eric Holder, procureur général des États-Unis (l’équivalent du ministre de la Justice) de 2009 à 2015, « la possibilité existe » de trouver un accord avec le Département de la Justice pour permettre au jeune lanceur d’alerte de revenir aux États-Unis.
« Nous sommes dans un endroit différent grâce aux divulgations de Snowden, a-t-il expliqué dans une interview à Yahoo News, ses actions ont stimulé un débat nécessaire », qui a poussé les autorités américaines à réformer leurs pratiques.

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Ces propos ne viennent pas de n’importe qui puisque c’est lui qui a supervisé le dépôt d’une plainte contre Edward Snowden en 2013, poursuivi pour espionnage, vol et utilisation illicite de biens gouvernementaux en vertu de l’Espionage Act de 1917, ainsi que son inculpation.

Crime passible de la peine de mort aux États-Unis. C’est tout l’enjeu des négociations qui doivent avoir cours depuis. Si toute clémence est exclue, Eric Holder, désormais de retour dans le prestigieux cabinet d’affaires Covington & Burling où il travaillait avant d’être appelé aux plus hautes fonctions, entrevoit une porte de sortie :

« Je pense très certainement qu’il pourrait y avoir une base pour une résolution qui pourrait, en fin de compte, satisfaire tout le monde. Je pense que cette possibilité existe. »

C’est un grand pas en avant, d’autant plus dans la bouche d’un ancien ministre américain. Néanmoins, ses déclarations n’engagent désormais que lui et ne peuvent être prise pour la position officielle ou officieuse de l’administration Obama. Nombre d’officiels le voient encore et toujours comme un traitre, notamment au sein de la communauté du Renseignement.

Au début du mois de juin, plusieurs articles critiques paraissaient pointant du doigt les conséquences des actions perpétrées par Snowden, faisant de l’ancien analyste, un espion à la solde de la Russie et de la Chine. Sources anonymes, faits invérifiables, mensonges et rétropédalage calamiteux du Sunday Times plus tard, n’ont pas empêché un haut responsable du ministre de l’Intérieur d’affirmer que le jeune homme a « du sang sur les mains ».

Le sort d’Edward Snowden est loin d’être tranché, le sujet cristallise les tensions.
Selon Robert Litt, haut responsable du renseignement américain en tant qu’avocat du directeur du renseignement national James Clapper, une issue est possible si Snowden rentre au pays, plaide coupable de trahison et passe trois à cinq ans en prison en échange d’une totale coopération avec le gouvernement.

Hors de question pour l’un de ses avocats Ben Wizner : « Snowden ne doit pas être envoyé en prison comme un criminel et perdre ses droits civils en raison de son acte de conscience ».
Son avocat russe, Anatoly Kucherena, posait comme condition à son retour « qu’on lui donne la garantie d’un procès légal et impartial ».La peine capitale ayant déjà été exclue par le ministre de la Justice d’alors, Eric Holder.

« Actuellement, ils garantissent que Snowden ne sera pas exécuté, pas qu’il recevra un procès équitable. Et la garantie vient du ministre, qui ne peut même pas influencer les décisions des tribunaux selon la loi ».

Encore moins aujourd’hui qu’il ne l’est plus.

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