[Le futur vu par Peugeot-Citroen] Un trajet Paris-Bordeaux réalisé grâce à l’intelligence artificielle

Automobile

Par Henri le

Si les dernières avancées en termes de voitures autonomes sont souvent à créditer aux Allemands et aux Américains, les Français ne sont pas en reste.

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Alors qu’ouvre aujourd’hui l’Intelligent Transport Systems World Congress à Bordeaux, PSA Peugeot-Citroen vient d’annoncer avoir réussi un petit exploit. Comme pour répondre à Audi qui avait fait parcourir les États-Unis d’ouest en est avec une version autonome du SQ5, le constructeur français a déclaré qu’une version modifiée du C4 Picasso avait effectué un Paris-Bordeaux tout seul et sans encombre.

Ce trajet de 580 km a permis de constater que la voiture avait respecté les limitations de vitesse, tout en effectuant des dépassements en fonction des autres véhicules. Une jolie performance pour Peugeot-Citroen, qui a obtenu en juillet dernier l’autorisation de faire circuler quatre prototypes autonomes sur routes ouvertes. Une quinzaine devraient suivre en 2016.

Carlos Tavares / Crédits : DR
Carlos Tavares / Crédits : DR

Une grande première, qui a permis à Carlos Tavares de mettre en avant sa vision du futur de la mobilité autonome, en donnant même des échéances qui nous paraissent très proches.

Le trajet réalisé aujourd’hui par notre prototype prouve que nous ne sommes plus dans la science-fiction en matière de véhicule autonome. Cette réalité nous fait entrer dans une nouvelle ère pour la mobilité que je trouve passionnante […] Nous sommes dans une très bonne tendance en matière de développement et de maturité de la technologie nécessaire pour le véhicule autonome, et nous l’introduirons au plus tard en 2020 dans nos véhicules. Nous espérons d’ailleurs que, d’ici là, le contexte réglementaire dans lequel nous évoluons se sera adapté.

Si l’idée de séjourner dans une voiture autonome peut effrayer de nombreux conducteurs, Tavares a tenu a mettre en avant les avantages sur le long terme d’une telle technologie. Tout en insistant sur l’aspect sécuritaire, évidemment primordial.

La première, c’est la sécurité. Compte tenu des développements et de la sophistication qui est derrière, son propre pilotage nous apportera des comportements prévisibles et reproductibles, sans les erreurs de l’humain. La sécurité routière va énormément progresser par le biais de la prise en charge par la machine des situations délicates, en appliquant des protocoles de prudence inscrits dans le véhicule autonome.

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Selon lui, le temps gagné sera le principal atout séduction de la voiture autonome.

On va gagner aussi sur un deuxième volet au quotidien, qui est celui de rendre à l’utilisateur du véhicule du temps de grande qualité. […] On peut imaginer que l’on puisse rendre au client tout ce temps de grande qualité, avec des gains en qualité de vie dans le domaine professionnel ou dans le cercle familial. Si on cumule les deux avantages que sont plus de sécurité et plus de temps de grande qualité, on peut imaginer que la voiture autonome connaîtra un grand succès.

Concernant l’intérêt que Google porte à cette technologie, Tavares semble confiant. Pour lui, le géant du net n’a pas grande chose à gagner dans une industrie qu’il ne maitrise pas. Leur savoir-faire ne se transmettra que via des partenariats directs avec les grands constructeurs du marché.

La question que l’on peut se poser, c’est pourquoi des gens qui ont un sens des affaires aussi abouti viendraient dans une industrie où l’investissement en capital est ‘‘énormissime’’, le retour sur investissement très faible et le risque d’échec très important ? […] Nous voulons un partenariat gagnant-gagnant, qui respecte notre capacité à rester connecté avec le client final, mais qui va aussi se nourrir des expériences que ces entreprises ont su créer. On voit ça plutôt comme une opportunité de partenariat intelligent, et pas comme une menace.

Une vision économique partagée par la firme de Mountain View ?