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Une île sortie de nulle part ? Les scientifiques tombent sur une surprise en Antarctique

Une expédition scientifique en Antarctique a fait une découverte inattendue : une petite île, jusqu’ici absente des cartes marines. Une apparition surprenante et qui confirme que nous ne savons pas tout de ce continent de glace.

La mission du Polarstern était bien cadrée : analyser les courants océaniques et l’évolution de la banquise dans une région clé de l’Antarctique. Mais sur place, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Début mars, alors que le brise-glace cherche refuge près de l’île Joinville pour échapper à une météo capricieuse, une forme inhabituelle attire l’attention de l’équipage. Sur les cartes marines, la zone est signalée comme dangereuse, sans plus de précisions. Sur l’eau, ce qui ressemble d’abord à un iceberg… semble un peu étrange.

Un « iceberg » qui n’en était pas un

« On voyait une masse qui avait l’air sale, pas vraiment comme un bloc de glace classique », raconte un spécialiste à bord. En s’approchant, le doute disparaît : ce n’est pas de la glace, mais bien de la roche. Le Polarstern change de trajectoire pour aller voir de plus près. Résultat : une petite île, jamais clairement identifiée jusque-là. L’équipe en fait le tour, la cartographie avec un sonar, et envoie même un drone pour obtenir des images précises.

Le verdict tombe rapidement : environ 130 mètres de long, 50 mètres de large, et une hauteur d’une quinzaine de mètres. Rien d’un continent, mais suffisamment pour surprendre, surtout à cet endroit. Ce qui intrigue encore davantage les scientifiques, c’est que l’île était déjà, en quelque sorte, « connue » — mais mal. Certaines cartes mentionnaient un danger, sans localiser précisément quoi que ce soit. Sur les images satellites, elle se fondait dans le décor, confondue avec les blocs de glace.

Au-delà de l’anecdote, la découverte s’inscrit dans un contexte scientifique bien plus large. La mer de Weddell est un point stratégique pour comprendre les échanges entre la glace antarctique et les océans, avec des effets à l’échelle globale. Et sur ce point, les observations sont assez claires : les choses évoluent rapidement. Depuis 2017, la banquise estivale dans cette zone recule fortement. Une tendance liée au réchauffement des eaux de surface, qui fragilise un système longtemps jugé relativement stable.

Sur place, les chercheurs constatent de fortes variations d’épaisseur de la glace : jusqu’à 4 mètres dans certaines zones, contre environ 1,5 mètre ailleurs. Mais ce sont surtout les transformations en surface qui interpellent. La glace est souvent moins recouverte de neige, plus sombre, parfois légèrement bleutée. Et sous cette couche, des accumulations d’eau douce issues de la fonte modifient les échanges de chaleur avec l’océan. De quoi influencer la vie marine, et potentiellement le cycle du carbone dans la région.

Les analyses détaillées viendront plus tard, une fois l’expédition terminée. En attendant, cette île sans nom va devoir passer par les étapes administratives classiques avant d’être officiellement reconnue et intégrée aux cartes marines.

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Source : AWI

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