[COP 21] Gates, Zuckerberg, Bezos and co promettent d’investir des milliards dans les énergies propres

Général

Par Henri le

Le réchauffement de la planète pose un challenge majeur à l'humanité, et certaines des plus grandes fortunes du monde viennent de réitérer leur engagement pour le...

Le réchauffement de la planète pose un challenge majeur à l’humanité, et certaines des plus grandes fortunes du monde viennent de réitérer leur engagement pour le développement d’une énergie propre.

COP-21-SVT-conférence-2015

La conférence internationale de Paris sur le climat (COP 21) rassemble décidément du beau monde. En plus des 150 chefs d’État qu’on peut y croiser, de nombreuses grandes fortunes ont fait le déplacement pour annoncer leur engagement écologique.

Ces derniers ont d’ailleurs décidé de rejoindre la Breaktrough Energy Coalition, un fond créé par Bill Gates qui vise à investir massivement dans les technologies d’énergie propre. L’américain s’est déjà engagé à verser un milliard de dollars de sa propre cagnotte sur les cinq années à venir. La somme totale devrait être encore plus impressionnante puisqu’une trentaine d’investisseurs ont rejoint le groupe. Une initiative soutenue par les gouvernements américains, indiens et chinois, qui émettent à eux trois une grande partie du gaz à effet de serre de la planète.

bill-gates-tablet_0

Parmi eux, des milliardaires ayant fait fortune dans les nouvelles technologies, mais également l’industrie ou la finance. On y retrouve Mark Zuckerberg (Facebook), Jeff Bezos (Amazon), Jack Ma (Alibaba), Xavier Niel (Free), George Soros ou encore Ratan Tata. Une noble initiative, même si ces entreprises font également partie des grands pollueurs de la planète. Cela parait évident pour les gros industriels, mais les data centers des géants du net sont également très énergivores.

La Breaktrough Energy Coalition focalisera principalement ses investissements sur des entreprises émergentes ayant “le potentiel de créer un avenir énergétique à émissions de carbone quasi nulles apportant une énergie fiable et abordable à tout un chacun.” Plus globalement, il s’agira de développer le secteur électrique (génération et stockage), mais aussi le transport, l’industrie ainsi que l’agriculture. Ces engagements sont mieux expliqués dans ce PDF traduit en français et rédigé par Gates himself. La conclusion, bien qu’optimiste, laisse entrevoir l’ampleur du défi qui nous attend.

J’ai bon espoir que les quinze années à venir verront les grandes percées dont nous avons besoin pour atteindre tous ces objectifs. Nous avons là une opportunité extraordinaire. Mais il s’agit également d’un indubitable défi. L’homme a déjà changé son régime énergétique par le passé, mais jamais aussi rapidement qu’il le faut aujourd’hui. Jamais nous n’avons évolué aussi rapidement. Raison de plus pour commencer dès aujourd’hui.

Comme l’explique Gates, cet argent servira à investir dans des idées qui paraissent trop risquées pour des investisseurs plus modestes.

Nous avons besoin de nous allier avec des gens qui sont prêts à investir dans des projets à haut risque. […] Le secteur privé sait mieux comment monter des entreprises, évaluer leur potentiel de succès, et prendre les risques qui permettent d’apporter des idées innovantes au monde entier.

Cop21

Le philanthrope américain a cependant expliqué que ce genre de projet ne pouvait pas suivre la courbe de développement des entreprises typiques de la Silicon Valley. Selon lui, cela s’explique, car il existe « une vallée de la mort infranchissable entre un concept prometteur et un produit fini et viable ». Des propos qui résonnent avec une précédente interview, où il expliquait que le capitalisme ne pourrait rien contre le changement climatique, puisqu’on ne pouvait pas vraiment y faire fortune. Gates l’explique d’ailleurs assez clairement dans son communiqué :

Les investisseurs privés sont réticents à l’idée de se lancer dans ce domaine, et ce pour la même raison que les sociétés d’énergie ont tendance à investir trop peu en R&D : les percées peuvent mettre plusieurs dizaines d’années à se faire sentir, et le retour sur investissement pour les inventeurs est trop faible. Si les motivations lucratives ne sont certes pas inexistantes, elles passent inaperçues parce que les investisseurs n’ont que peu d’incitations à prendre des risques. Concepts prometteurs et produits viables sont séparés par une « vallée de la mort » que ni les financements publics, ni les investisseurs habituels ne peuvent complètement combler.

La lutte contre le réchauffement durant les années à venir ne sera donc pas régie par un buisness model particulier, et se présente comme un gouffre financier qu’il faudra sans cesse combler pour la santé de la planète.

On lui doit bien ça.