Comment continuer à étudier les explosions nucléaires sans nouvelles explosions ?

Science

Par le

L’histoire commence en 1962, quand un militaire stationné sur l’île de Midway emmène son fils, Greg Spriggs, qui n’est alors qu’un petit garçon de 11 ans, admirer une explosion nucléaire dans le ciel du Pacifique. Enfin l’explosion n’a pas tout à fait lieu dans le ciel du Pacifique, mais dans l’espace au-dessus du Pacifique. Et cette explosion n’est pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de Starfish Prime, la plus grosse explosion nucléaire ayant jamais eu lieu dans l’espace. Lancée à l’aide d’une fusée pour exploser à plus de 400 kilomètres au-dessus du sol (plus haut que l’orbite de la station spatiale internationale aujourd’hui).

A23W7694-1024x768

Lors ce cette explosion, une aura lumineuse avait été visible pendant plus de 15 minutes dans le ciel. L’énergie libérée avait été telle qu’il avait fallu un certain temps avant qu’elle ne se dissipe. Pendant cette période, des nuances de rouge, de bleu, de violet pouvaient être vues dans le ciel. Pour le petit garçon qu’il était alors, il ne s’agissait alors que de “simples” et jolies couleurs dans le ciel.

Pourtant, encore aujourd’hui, Greg passe beaucoup de temps à regarder des explosions nucléaires. Pas de véritables explosions nucléaires puisqu’un traité, le TICEN, interdit toute explosion nucléaire aux états l’ayant ratifié, mais les films originaux des explosions ayant eu lieu lors du siècle dernier.

HW1A6694-1024x768

Des centaines de tests ont eu lieu dans la deuxième moitié du 20e siècle dont plus de 200 rien que pour les USA. Et toutes ces explosions ont été filmées par des caméras à haute vitesse. Ces milliers de vidéos permettent d’observer plein de sortes d’explosion depuis plein d’angles différents et à des distances diverses.

Toutes ces vidéos n’ont pourtant pas été plus étudiées que ça, ou alors avec les technologies et les connaissances de l’époque. Et aujourd’hui, alors que les états n’ont plus le droit de faire exploser tout ce qui leur tombe sous la main, il est réaliste de dire que ces vidéos sont une source de données importante pour la recherche sur les explosions nucléaires.

stil, 31487, Greg Spriggs, 432 Film Lab, leb, 5-22-14
stil, 31487, Greg Spriggs, 432 Film Lab, leb, 5-22-14

Greg s’est donc lancé dans la restauration de ces milliers de films. Ils lui sont envoyés depuis leur lieu de stockage dans le nouveau Mexique et il s’agit ensuite de numériser les images en essayant de récupérer la meilleure qualité qui soit.

Le problème étant que les premiers essais nucléaires datent d’il y a plus de 50 ans, et les films utilisés n’ont pas été conçus pour durer aussi longtemps. Si bien que certaines des bandes ont déjà commencé à se décomposer dans leur boite.

Il était plus que temps de se pencher sur le cas de ces films qui ont une importance historique et scientifique. Certains des résultats mis en avant par l’exploitation nouvelle de ces films mettent en avant des erreurs de l’ordre de 20% sur les calculs qui avaient eu lieu à l’école.

Pour ceux intéressés, un article beaucoup plus complet est proposé en anglais par nos confrères de Wired.

Source: Source