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Presque trente ans après, pourquoi GoldenEye reste l’adaptation parfaite de James Bond en jeu vidéo

Nous sommes en 1997 quand GoldenEye sort sur Nintendo 64. L’adaptation sur consoles du 17e opus de la saga James Bond provoque un véritable raz-de-marée. Presque trente ans après, et alors que l’ambitieux 007 : First Light arrive en fin de mois, le jeu de Rare reste un produit culte et une référence en matière de shooter mais aussi d’adaptation vidéoludique d’un film. On a dépoussiéré le mythe pour vous.

Parler de James Bond en ce moment est de nouveau à la mode. A défaut de savoir qui reprendra le costume et dégustera des martini au shaker – et pas à la cuillère – au cinéma, l’agent secret au service de Sa Majesté sera de retour sous forme vidéoludique à la fin du mois, le 27 mai très précisément, sur PC, Playstation 5 et Xbox Series, avec 007 First Light. On a eu la chance d’y jouer le temps d’un aller-retour à Londres et nos premières impressions avaient été très, très bonnes. Cette escapade londonienne, c’était aussi l’occasion de se pencher sur le traitement de la licence en jeu vidéo. Et lorsqu’on retrace toutes les épisodes sortis ces dernières années, il n’y en a qu’un, finalement, à faire l’unanimité. C’est GoldenEye, sorti en 1997 sur Nintendo 64.

Un succès commercial et un statut de référence

C’est drôle, puisqu’avant l’avènement de Daniel Craig dans la peau de 007, grâce aux excellents Casino Royale et Skyfall, c’est l’incarnation de Pierce Brosnan qui faisait office de nouvelle référence pour le personnage créé par le romancier Ian Fleming. D’ailleurs, GoldenEye, le premier des quatre films de Brosnan dans le rôle, avait totalement relancé l’intérêt et la popularité du personnage, après la période Timothy Dalton et le long-métrage Permis de Tuer, qui avait été fortement critiqué par la presse et  boudé, en partie, par le public. C’est donc un coup double et une réussite totale pour le film, qui a autant cartonné dans les salles, bien aidé aussi par la performance de Tina Turner au générique, que dans les magasins de jeux vidéo.

Goldeneye Toilettes
© Journal du Geek

GoldenEye 007 ou GoldenEye 64, puisque les deux appellations fonctionnent, c’est 8 millions d’exemplaires vendus dans le monde entier. Soit le troisième jeu le plus vendu de l’histoire de la Nintendo 64. Mais pas seulement. GoldenEye, c’est encore aujourd’hui une référence en la matière de FPS (First-Person Shooter). Le papa de beaucoup d’autres jeux, qui se sont inspirés à la fois de la campagne et du multijoueur, notamment. Et pour beaucoup, là encore, l’un des meilleurs jeux vidéo, tout court, de tous les temps. Pas mal pour un produit qui devait, à l’origine, être un jeu de plateformes à destination de la Super Nintendo. Mais Rare, à qui l’on doit les cultissimes Killer Instinct et Donkey Kong Country, chacun étant devenu des références dans leur genre (combat et plateformes), révise finalement ses plans, change son équipe autour du développement et décide d’adopter un format tout en 3D pour James Bond. Ouf.

Un solo qui adapte le film et le réécrit au format FPS

La force de GoldenEye, c’est avant tout sa campagne solo, qui reste une masterclass du genre. Si vous avez vu le film, vous pouvez facilement comprendre qu’adapter, dans l’état, le long-métrage réalisé par Martin Campbell, relevait de la figure d’équilibriste. Qui plus est au format FPS. Les équipes de Rare ont donc pris quelques libertés au niveau du scénario, rallongé certaines séquences par rapport au film, ajouté de nouveaux éléments pour rendre le tout cohérent, jouable et sympa à prendre en main. Tout en gardant la trame principale : Bond doit affronter un immense syndicat du crime et l’empêcher de contrôler le satellite militaire russe GoldenEye, avec une figure de son passé qui resurgit pour mieux compliquer sa mission.

Goldeneye Saut
© Journal du Geek

C’est ainsi que la première mission, bien que fortement, rallongée, reprend en partie l’introduction du film, dans laquelle Bond fait un saut à l’élastique pour s’introduire ensuite dans un barrage et retrouver l’agent 006, Alec Trevelyan. La politique de l’époque en matière d’adaptation aurait pu pousser tout le monde à opter pour la carte de la simplicité, à faire un produit juste pour le faire et miser sur l’aspect goodie du résultat. Mais non et tant mieux. A l’époque, toutes les têtes pensantes autour de GoldenEye voulaient en faire un vrai jeu, sans avoir aucune idée du succès et du statut que ce dernier finirait par obtenir. Résultat : un shooter à 18 niveaux pour la campagne solo, des niveaux bonus faisant référence à d’autres opus et un multijoueur qu’on abordera plus bas avec de nombreuses figures des films James Bond jouables, histoire de bien renfoncer la fidélité au produit source.

Une IA vraiment au point et un gameplay qui fera date

Mais si GoldenEye marque les esprits, c’est par plusieurs autres éléments. Le premier, c’est sa capacité à intégrer des éléments d’infiltration dans un FPS.  Le tout en conservant l’ADN du personnage. Nous ne sommes pas encore à l’ère Craig et Bond ne fonce pas toujours dans le tas, même sans arme. L’agent 007 aime la jouer en finesse et c’est exactement le gameplay que nous propose le jeu. Difficile d’oublier le deuxième niveau, dans lequel Bond s’introduit dans des toilettes en passant par les tuyaux d’aération et se débarrasse de ses ennemis, ni vu ni connu. Pour renforcer ce gameplay, l’intelligence artificielle des ennemis a été totalement pensée pour réagir à nos actions. Le moindre bruit, la moindre présence et c’est l’assaut généralisé assuré. On est loin d’une IA juste lourdement armée et qui se contente de riposter sans réfléchir, ou de se déplacer vers nous sans un minimum de volonté de nous surprendre mais bien d’une intelligence artificielle au comportement réaliste.

Goldeneye Couloir
© Journal du Geek

La jouabilité est aussi un des éléments du succès de GoldenEye. D’ordinaire, c’est au clavier-souris que la prise en main est la plus optimale pour un jeu de ce type. Pourtant, c’est bien sur consoles et avec une manette que le jeu de Rare a bâti sa réputation. S’il y aura toujours un débat (ou pas) sur l’ergonomie du pad de la Nintendo 64, les développeurs avaient réussi à en utiliser la quintessence, avec une gâchette sous la manette pour tirer, le stick pour viser et la croix multidirectionnelle pour effectuer des pas de côté. Un gameplay devenu désormais classique dans les FPS aujourd’hui – on parle évidemment du déplacement et de la visée – que GoldenEye a grandement contribué à populariser.

La cerise sur le gâteau : le multijoueur, encore adulé aujourd’hui

Mais la très grande force du jeu, c’est sans contestation son multijoueur. Ce dernier se joue à quatre en écran splitté. Et il était on ne peut plus jouissif. D’ailleurs, cela nous rappelle avec nostalgie cette ère où le multi, avant d’être démocratisé en ligne, était vraiment puissant en local, entre amis. C’était certes moins pratique – on n’avait pas toujours trois potes pour jouer avec soi – mais c’était une autre forme de convivialité. Plusieurs modes étaient disponibles : le classique Deathmatch, un autre dans lequel les joueurs ne disposaient que de deux vies, en référence au film “On ne vit que deux fois”, une capture de drapeau, un mode basé sur le film “Permis de tuer” où toutes les armes sont létales et enfin le plus connu de tous, celui avec le pistolet en or – référence, là encore, au film du même nom – durant lequel les joueurs devaient retrouver la fameuse arme, capable de tuer n’importe qui en un coup.

Goldeneye Golden Gun
© Journal du Geek

On ne pouvait que saluer l’inventivité des modes à l’époque et leur capacité, une fois de plus, à respecter la filmographie des James Bond, au-delà du simple GoldenEye. Voilà le défi que doit désormais relever 007 : First Light, à savoir apporter un vent frais sur la licence, être un excellent jeu vidéo et faire le pont avec les autres films, les meilleurs si possible. De ce qu’on en a vu, cela semble bien parti. Mais pour égaler le succès de GoldenEye, il faudra être plus qu’excellent. Réponse le 27 mai prochain.

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