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Test du MOVA LiDAX Ultra 1200 : votre jardin mérite mieux qu’un robot aveugle

Il y a encore quelques années, acheter un robot tondeuse, c’était un peu signer un contrat de souffrance. Plusieurs heures à enterrer un câble périphérique au centimètre près, une antenne RTK à installer dans un coin dégagé, un signal GPS capricieux à la moindre haie un peu dense et, au final, une machine qui zigzaguait aléatoirement dans tous les sens comme si elle avait trop forcé sur la boisson. On appelait ça du « haut de gamme ».

En 2026, le MOVA LiDAX Ultra 1200 arrive avec une proposition radicalement différente. Pas de câble. Pas d’antenne. Pas de navigation au hasard. À la place : un LiDAR 3D à 360 degrés, des caméras, une IA embarquée, et la promesse d’un jardin qui se gère presque tout seul pendant que vous faites autre chose. L’argument ne se limite pas à la tonte : MOVA veut transformer ce robot en véritable hub intelligent de votre espace extérieur. Un jardinier augmenté, silencieux, disponible 24 h/24 et qui ne demande jamais d’augmentation.

Design & ergonomie : un objet qui s’assume

Le LiDAX Ultra 1200 ne ressemble pas à un aspirateur qu’on aurait oublié dehors. Avec ses 666 × 444 mm d’empreinte au sol et ses 273 mm de hauteur, le robot occupe l’espace avec une certaine autorité sans pour autant être encombrant. On est sur un gabarit cohérent avec le segment haut de gamme, légèrement plus généreux que la moyenne, ce qui se justifie par la présence de la grande batterie 5000 mAh et des deux roues arrière de 22 cm à crampons profonds qui lui donnent cette allure de petit tout-terrain assumé.

Mova Lidax Ultra 1200
© JDG

Les 13,8 kg sur la balance, c’est costaud : on ne le manipule pas d’une seule main sans y penser. Mais MOVA a eu la bonne idée d’intégrer une poignée de transport robuste à l’arrière, qui rend les déplacements lors de l’installation ou de l’hivernage bien plus agréables qu’on ne l’anticipe. La batterie étant amovible, on peut aussi alléger le robot avant de le porter si besoin.
Le design est trapu, ramassé, avec une tourelle LiDAR qui trône en hauteur sur le châssis comme un périscope futuriste — et c’est précisément ce qu’elle est. Le plastique est de bonne facture, les finitions soignées, et l’ensemble dégage une impression de robustesse sans verser dans le tape-à-l’œil. Sur le dessus, un petit écran LCD couleur associé à une molette de sélection permet des réglages rapides sans passer par le smartphone, un détail appréciable quand on est les mains dans la terre.

La base de charge, compacte, s’installe discrètement en bordure de pelouse avec six à huit vis de terre. Certifiée IP67, elle peut rester dehors toute l’année sans crainte, à condition de la fixer en hauteur et non directement au sol. Premier détail qui trahit un produit pensé jusqu’au bout : une petite brosse intégrée dans la station nettoie automatiquement la lentille du LiDAR à chaque retour du robot en base. Un rien, mais un rien qui dit tout sur l’attention portée à la durabilité de la précision de navigation.

Mova Lidax Ultra 1200 (3)
© JDG

La carte : bien plus qu’un plan de tonte

C’est ici que le LiDAX Ultra commence vraiment à se différencier et aussi là où on mesure ce que « sans câble périphérique » implique concrètement. Sans fil enterré pour délimiter le terrain, c’est le robot lui-même qui apprend les frontières de son territoire. Et ça se passe via l’application, manette virtuelle en main.

Le process est simple dans son principe : on sort le robot de sa station, on l’amène au point de départ de la zone à cartographier, on appuie sur « définir le point de départ » dans l’app, puis on pilote le robot le long des limites comme une voiture télécommandée. L’objectif est de longer les bords à environ 10 cm, ni trop loin pour ne pas sacrifier de surface, ni trop près pour ne pas créer de problèmes lors des tontes. Si on s’est trompé, un bouton « reculer » permet d’effacer le dernier tronçon et de recommencer. Une fois la boucle fermée et le contour confirmé, le robot prend les choses en main : il explore automatiquement l’intérieur de la zone pour affiner sa carte, identifier les zones praticables et mémoriser les obstacles naturels comme un massif de fleurs ou une souche d’arbre. Une belle promesse d’autonomie, même si on reste encore loin du robot aspirateur qui cartographie une pièce entière sans intervention.

Mova Lidax Ultra 1200 (5)
© JDG

Une cartographie automatique existe — le robot peut tenter de détecter les bordures seul via son LiDAR — mais elle montre vite ses limites sur les terrains un peu atypiques. Sur une délimitation nette entre herbe et allée, elle s’en sort bien. Face à un panneau solaire légèrement surélevé, elle peut décider de lui passer dessus sans prévenir. J’aurais franchement aimé qu’un robot aussi sophistiqué soit capable de comprendre seul les limites de son terrain, comme un bon aspirateur intelligent qui cartographie une pièce sans qu’on lui tienne la main. On n’en est pas encore là pour la tonte, et la cartographie manuelle reste donc largement recommandée : plus longue, mais nettement plus précise et sans mauvaise surprise.

Une fois la carte établie, le vrai pouvoir de l’application apparaît. On peut définir des zones interdites (massifs de fleurs, souche d’arbre, coin de terrasse) en pilotant le robot autour de l’obstacle pour en tracer le périmètre. Ces zones ne sont pas juste « évitées » : le robot les intègre à sa logique de tonte et en fait proprement le tour lors du passage des bordures. On peut également créer des chemins de liaison entre zones distinctes, des sous-zones avec leurs propres paramètres, et même dessiner des formes géométriques que le robot reproduira fidèlement sur la pelouse. La largeur minimale pour qu’une zone soit tondue est de 60 cm, à garder en tête lors du découpage.

Mova Lidax Ultra 1200 (4)
© JDG

La fonctionnalité la plus exclusive du marché reste la gestion en double carte. Le robot peut mémoriser deux environnements distincts et basculer de l’un à l’autre, ce qui revient à doubler la surface de tonte théorique avec une seule machine. Un LiDAX 1200 prévu pour 1200 m² peut donc couvrir jusqu’à 2400 m² en gérant deux cartes séparées. Idéal pour un jardin scindé en deux espaces non reliés, une maison de campagne, ou tout simplement un terrain plus grand que ce que la référence laisse supposer.

Et pour les passionnés de data, la vue 3D LiDAR dans l’application est franchement bluffante : on voit en temps réel le nuage de points que le robot génère, les murs, les haies, la cheminée du voisin à 60 mètres. La représentation exacte de ce qu’il « voit » pour se localiser. Une fenêtre ouverte sur la machine, et un argument de poids pour comprendre pourquoi cette navigation surpasse le RTK dans les environnements touffus.

L’IA au quotidien — Détection, patrouille, alertes

Le LiDAX Ultra embarque le système UltraView 2.0 : une caméra 1080p HDR couplée à un moteur d’IA capable d’identifier plus de 300 types d’objets. En combinaison avec le LiDAR, le robot ralentit à l’approche de tout obstacle, l’identifie, et le contourne avec une marge réglable de 5 à 20 cm selon votre préférence. En pratique, la détection des humains, des animaux domestiques et des objets d’une certaine taille est fiable. Mon hérisson de test (pas le vrai, j’ai des scrupules) a été soigneusement évité.

Mova Lidax Ultra 1200 (3)
© JDG

Le système a ses angles morts, et il faut le savoir avant d’acheter : tout ce qui mesure moins de 5 cm de hauteur passe sous les radars. Un tuyau d’arrosage plat, un manche à balai couché, une petite boîte d’insecticide… le robot les chevauche sans remords. Inutile de se voiler la face : il faudra ranger le jardin avant chaque session. Ce n’est pas un défaut propre au LiDAX Ultra, c’est une limite physique de la technologie LiDAR actuelle. Mais c’est à mentionner clairement.

Ce qui surprend davantage, en revanche, c’est que l’application ne montre pas de photo des obstacles détectés, contrairement aux aspirateurs MOVA qui savent très bien afficher « j’ai détecté une chaussette ». Le robot note l’obstacle, le géolocalise dans l’historique, et vous propose de le convertir en zone interdite, mais sans image associée. Une lacune logicielle que j’espère voir comblée par une mise à jour.

La caméra a une seconde vie en dehors de la tonte : le mode patrouille transforme le robot en agent de surveillance autonome. Il parcourt le jardin selon un itinéraire défini, détecte toute présence humaine suspecte et envoie une notification push immédiate. Le flux vidéo est accessible en direct depuis l’application. C’est gadget ? Un peu. Efficace ? Probablement plus que la caméra de surveillance que vous n’avez jamais installée, et ça a le mérite d’être là et dans l’ADN de la marque : en donner plus avec la techno embarquée.

Mova Lidax Ultra 1200
© JDG

Tonte & performances : la faucheuse silencieuse

En mode tonte, le LiDAX Ultra abandonne la navigation aléatoire des robots d’ancienne génération au profit de lignes parallèles strictement ordonnées, avec chevauchement d’environ la moitié du disque de coupe. Le résultat visuel est propre, régulier, presque celui d’une tondeuse à gazon poussée à la main, sans l’effort. Et contrairement à certains robots RTK qui ratent parfois une parallèle, le LiDAR ne laisse rien passer. Aucune ligne oubliée, aucun îlot négligé.

Deux modes d’efficacité sont disponibles : standard, qui couvre environ 1000 m² par jour, et efficace, qui monte jusqu’à 1400 m² en accélérant le déplacement. La version 1200 embarque la grande batterie 5000 mAh, pour une autonomie d’environ 110 minutes en mode efficace. Le retour en base est automatique à partir d’un seuil configurable (je recommande de le régler à 10 % pour maximiser la surface couverte) et la reprise se fait à partir de 80 %, au-delà duquel le temps de charge devient nettement plus long pour un gain d’autonomie marginal. Une charge de 15 à 90 % prend environ une heure, et la consommation est dérisoire : comptez environ deux centimes d’euro par charge complète.

Le robot démarre chaque session par une phase de localisation après sa sortie de station, un demi-tour sur place pour scanner son environnement, qui peut prendre entre 30 secondes et une minute avant que la tonte commence vraiment. Pas dramatique quand on programme la machine pour travailler en notre absence, mais suffisamment visible pour qu’on le remarque. Autre comportement un peu déroutant : dès que le robot s’approche à environ 60 cm d’un bord ou d’une zone interdite, il réduit drastiquement sa vitesse, même s’il n’est pas encore en train de faire les bordures. Une précaution sans doute volontaire de la part de MOVA, mais qui rallonge sensiblement le temps de tonte global.

La gestion des pentes est annoncée jusqu’à 45 % grâce aux deux grandes roues arrière à crampons profonds. Dans les faits, sur terrain humide ou en dévers prononcé, les roues patinent, et à force de faire ses demi-tours toujours au même endroit, le robot peut finir par arracher légèrement l’herbe. Pour les jardins sérieusement accidentés, la version AWD sera clairement plus adaptée.

Le point fort le plus tangible et impressionnant au quotidien reste le silence. Le LiDAX Ultra ne dépasse pas les 60 décibels en fonctionnement, à peine plus que le bruit ambiant d’un intérieur calme. La lumière bleue sur l’avant ajoute une petite touche futuriste appréciable la nuit. On finit par oublier qu’il est là, ce qui autorise une utilisation nocturne sans transformer votre jardin en source de conflit de voisinage.

Le système Ultra Trim mérite son propre paragraphe. Le plateau de coupe se décale latéralement lors du passage des bordures, permettant de raser les bords à environ 10 cm d’un mur en béton, contre 20 cm minimum pour un robot classique. Le robot effectue d’abord un premier tour normal, puis un second avec le plateau décalé à gauche, descendu à 3 cm de hauteur. C’est là le seul vrai bémol du système : la hauteur de coupe est bloquée à 3 cm en mode bordure, sans possibilité de réglage. Pour ceux qui maintiennent leur pelouse à 5 ou 6 cm, la différence visuelle sur le périmètre du terrain sera perceptible. La tonte manuelle depuis l’application permet heureusement de contourner le problème dans les coins inaccessibles : en pilotant le robot à la main le long d’un mur, Ultra Trim activé, on descend à 5 cm du bord. Le robot remplace avantageusement le passage du rotofil sous les haies. C’est le genre de détail qui, au quotidien, change vraiment la vie.

Application & écosystème : l’expérience connectée

MOVA Home, l’application dédiée, est clairement l’une des mieux fichues du segment. La vue en temps réel affiche la position du robot sur la carte, le pourcentage de batterie, la surface déjà tondue, et le LiDAR 3D en live. La programmation est saisonnière : on configure un rythme printemps/été et un rythme automne/hiver, l’application fait le reste. C’est très intelligent et absent chez son principal concurrent.

La tonte manuelle, pilotable depuis l’app comme un joystick, se révèle particulièrement utile pour forcer le robot dans un recoin que l’algorithme néglige ou pour une intervention ponctuelle sur un coin spécifique. La tonte par zone — déclencher uniquement l’entretien d’une sous-zone précise — est tout aussi pratique.

Autre point bien pensé : si vous voulez partager l’accès à l’appareil sans pour autant donner les identifiants de votre compte, lorsque vous partez en vacances par exemple, MOVA y a pensé, et vous pouvez partager l’appareil. La personne retrouvera la carte et les paramètres de tonte programmés. Seule contrainte de connectivité : le Wi-Fi 2,4 GHz est obligatoire pour la configuration initiale. Pas de Wi-Fi 5 GHz, pas de mode point d’accès. C’est le seul moment où l’on ressent un léger archaïsme dans la conception. Pour la connexion permanente à distance, le module 4G est disponible en option sur les versions inférieures à 1600 m², et il est très recommandé si vous êtes souvent absent : il ajoute la géolocalisation GPS en temps réel et des alertes de zone.

Mova Lidax Ultra 1200
© JDG

Maintenance : le robot qui gère même son propre entretien

C’est un des angles les plus sous-estimés du LiDAX Ultra. L’application suit l’usure des consommables (lames, brosses) avec précision et envoie des alertes quand un remplacement approche. Les lames elles-mêmes sont réversibles et faciles à changer. Le robot peut se rendre automatiquement à un point d’entretien défini par l’utilisateur, le genre d’attention qui transforme la corvée de nettoyage en quelque chose d’à peine remarqué.

Le châssis est IPX6, ce qui signifie qu’un rinçage au jet d’eau ne pose aucun problème. La brosse de nettoyage du LiDAR en base fait partie du même état d’esprit : minimiser l’intervention humaine sur tout ce qui peut l’être. En matière de sécurité antivol, le robot ne s’allume pas sans code PIN, déclenche une alarme sonore s’il est soulevé et, avec le module 4G, alerte l’utilisateur s’il sort de sa zone cartographiée. Pour les utilisateurs dans l’écosystème Apple, glisser un AirTag dans le compartiment interne est une couche de protection supplémentaire bienvenue.

Mova Lidax Ultra 1200 (2)
© JDG

Prix et disponibilité

Le MOVA LiDAX Ultra 1200 est la réponse la plus convaincante que j’ai vue à la question « peut-on enfin avoir un robot tondeuse sans en faire un projet de BTP ? ». L’installation en quelques vis, la navigation LiDAR imperméable aux caprices du signal GPS, le silence de fonctionnement, la précision des bordures avec l’Ultra Trim, tout ça forme un package cohérent et mature.
Mais ce qui distingue vraiment ce robot de la concurrence, c’est sa capacité à devenir autre chose qu’une tondeuse. La carte intelligente, le mode patrouille, les alertes d’obstacles géolocalisées, la gestion saisonnière automatisée… le LiDAX Ultra pense le jardin comme un espace à administrer, pas juste à couper. C’est le premier robot de jardin qui donne vraiment l’impression d’être un produit tech, et pas un outil de jardinage avec une application collée dessus.

Les limites existent et méritent d’être dites franchement : les objets bas restent un angle mort, la hauteur de bordure bloquée à 3 cm créera des frustrations chez les amateurs de pelouse haute, et le patinage sur terrain humide est problèmatique sur les pentes exigeantes. Il faudra aussi ranger son jardin avant de lancer la tonte. À partir de 900 € pour les versions d’entrée de gamme (LiDAX Ultra 800), et 1 100 € pour le 1200 avec sa grande batterie, le LiDAX Ultra s’adresse clairement à ceux qui prennent leur jardin au sérieux. Et qui, maintenant, pourront s’en occuper sans y penser.

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Notre avis

C'est un excellent robot, probablement le meilleur représentant de la navigation LiDAR sur le marché aujourd'hui. La détection d'obstacles et la hauteur de bordure bloquée l'empêchent de décrocher le 9.
Note : 8  /  10

Les plus

  • Installation sans câble ni antenne RTK
  • Silence de fonctionnement remarquable (< 60 dB)
  • Ultra Trim : les bordures les plus propres du marché
  • Double carte : fonctionnalité unique
  • Maintenance largement automatisée

Les moins

  • Hauteur de bordure bloquée à 3 cm en mode Ultra Trim
  • Patinage possible sur pente humide (version 2WD)
  • Pas de photo des obstacles dans l'historique applicatif
  • Wi-Fi 2,4 GHz uniquement pour la configuration

Mode