Israël tance le manque de coopération de Facebook

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Par Elodie le

Pour le ministre de la Sécurité Intérieure israélien, Facebook sabote le travail des autorités en laissant proliférer les messages haineux et les incitations à la violence provenant de la Cisjordanie. Il pointe notamment son manque de coopération avec Israël.

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« Facebook est devenu un monstre ». Le regain de violence des derniers mois provenant des territoires occupés de Cisjordanie serait en partie imputable à Facebook.

« Aujourd’hui Facebook sabote, il faut le savoir, sabote le travail de la police israélienne », s’est emporté le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, le 2 juillet dernier dans l’émission « Meet the press ».

« Parce que, lorsque la police israélienne les contacte, et que c’est à propos d’un résident de Judée-Samarie, Facebook ne coopère pas », a-t-il poursuivi. Judée-Samarie étant le nom biblique employé pour qualifier les territoires occupés et administrés par Israël.

Des accusations dont s’est défendu Facebook en assurant coopérer « avec les organismes de sécurité et les décideurs politiques ».

Mais pour Gilad Erdan, Facebook a choisi son camp, celui de la communauté internationale. Le réseau social ne reconnaitrait pas le contrôle d’Israël sur ces territoires, les estimant illégalement occupés. Menlo Park refuserait donc de collaborer avec les autorités en supprimant le contenu que le gouvernement estime litigieux.

Dans le journal Yedioth Ahronoth, il s’emporte : « Le gros problème est en Judée-Samarie, parce que Facebook ne reconnaît pas le contrôle par Israël là-bas, et n’est pas prêt à livrer des informations ».

Pour le ministre, Facebook doit prendre sa part de responsabilité : « Facebook a apporté une révolution formidable et positive au monde, mais malheureusement aujourd’hui nous le voyons depuis la montée de l’État islamique et la vague de terrorisme, c’est tout simplement devenu un monstre ».

Des accusations qui ne datent pas d’hier, comme le rappelle Courrier international.

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Comme à son habitude, Facebook rejette en bloc ces accusations : « Nous travaillons régulièrement avec les organismes de sécurité et les décideurs politiques à travers le monde, y compris en Israël, pour nous assurer que les utilisateurs connaissent la manière de faire un usage sûr de Facebook. Il n’y a pas de place pour les contenus qui prônent la violence, les menaces directes, les discours terroristes ou de haine sur notre plate-forme ». Une nouvelle fois, le réseau social pointe vers ses outils de signalisation mis à la disposition des utilisateurs.

Le ministre demande alors aux Israéliens d’inonder le réseau social de demandes pour surveiller plus en amont la plateforme.

« Nous avons un ensemble de normes destinées à aider les utilisateurs à comprendre ce qui est autorisé sur Facebook, et nous les invitons à envoyer des signalements lorsqu’ils repèrent des contenus dont ils estiment qu’ils violent ces normes, afin que nous puissions examiner chaque cas et réagir rapidement », indique le réseau.

Une modération a posteriori maintes fois décriée, jusqu’à récemment encore. Mis sous pression par les gouvernements, Facebook et Google ont commencé à automatiser leur censure face à Daech pour contrer leur propagande en ligne.

Une censure automatique que monsieur Erdan aimerait également voir appliquer sur les contenus pro-palestiniens ou anti-israéliens lorsque ceux-ci incitent à la haine ou à la violence.

Interrogé par Al-Monitor, le ministre appelle Facebook à sortir de sa réserve :

« Facebook est le seul canal capable, à ce stade, de contrôler une aussi grande quantité d’informations. Il le fait d’ailleurs à des fins commerciales. Il est temps qu’il le fasse pour sauver des vies. »

Selon le même journal, une proposition de loi devrait être déposée à la Knesset (le Parlement israélien) dans les prochains jours pour contraindre Facebook à coopérer.

Mais selon Al-Monitor, cette initiative servirait également un autre dessein : « Israël, comme d’autres pays, va désormais essayer de reproduire sur Internet les mêmes techniques de surveillance et de mise sur écoute que celles utilisées pour les portables et les réseaux téléphoniques. Cette extension de la surveillance s’avère difficile et représente un vrai défi, mais reste toutefois possible. En attendant, Israël espère que Facebook lui donnera un coup de main. »

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