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Test 007 : First Light, le grand jeu que James Bond attendait et méritait

James Bond est de retour. Pas encore au cinéma mais en jeu vidéo. Et si la succession de Daniel Craig se fait attendre, celle d’une nouvelle adaptation vidéoludique était encore plus longue. Douze ans après 007 Legends, 007 : First Light vient combler ce manque, avec beaucoup d’ambitions, comme le savoir-faire des développeurs d’Hitman et la volonté de rebooter la franchise en jeu vidéo. On y a joué. On a adoré. Et on tient bien l’un des jeux de l’année.

On n’avait pas caché notre enthousiasme il y a un mois, lors de notre premier contact avec 007 : First Light. Trois heures avaient suffi à nous convaincre qu’on avait sous la main une potentielle pépite. Mais il fallait se faire une réelle idée et pour cela, attendre d’avoir le jeu complet sous nos yeux. C’est chose faite et on a mis un peu moins de trente heures dans 007 : First Light pour vous délivrer notre avis, étoffé par une prise en main sur trois plateformes différentes : PC, le support qui était le nôtre lors de la preview, PlayStation 5 et PlayStation 5 Pro. Ce détail n’en est pas un. On en reparle très vite.

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Comme prévu, 007 : First Light nous plonge directement dans les débuts du célèbre agent secret britannique. Avant d’intégrer le MI6 et de gagner ses galons d’agent 00, Bond était un membre de la Royal Navy. C’est lors d’une mission de reconnaissance qui tourne mal en Islande que le jeune militaire, seul survivant du crash, se voit impliqué malgré lui dans les affaires du MI6. C’est le pitch de la toute première mission du jeu, qui sert à la fois de tutoriel et d’introduction à l’univers. Et la claque est réelle, percutante, immédiate.

Un jeu magnifique en tout point, qui exige d’excellentes conditions

First Light est d’une beauté inouïe. Les traces de boue, les reflets sur les vêtements de Bond et sur le sol, les flaques d’eau, l’explosion de l’hélicoptère dans lequel est notre futur agent secret… tout est somptueux. Modélisé au détail près. Et pensé pour rendre l’expérience visuelle la plus immersive possible. On vous parle du premier niveau mais tous les chapitres du jeu sont du même acabit. On a beau avoir fini le jeu, à chaque fois qu’on a rejoué un niveau, autant pour tester un niveau de difficulté que pour tester une nouvelle approche dans notre progression, le constat a été le même, toujours aussi frappant, toujours aussi évident.

First Light Vietnam
© Journal du Geek

Graphiquement, First Light est un petit bijou. Il faut dire que les équipes d’IO Interactive ont mis les petits plats dans les grands pour nous en mettre plein les rétines. Les jeux de lumière sont tout simplement impressionnants, tout le temps, en intérieur comme en extérieur, sur les vêtements, les décors comme sur les visages. Du grand art, tout simplement, qui nécessite tout de même de jouer dans les meilleures conditions. C’est probablement sur PlayStation 5 que le jeu s’en tire le moins bien. Attention ! On ne vous dit pas que le jeu est injouable ou moche sur la console nouvelle génération de Sony. Non, du tout.

L’art de la mise en scène

Ce n’est pas le cas et la claque est là, quoiqu’il arrive. Mais elle est moins puissante que sur PS5 Pro ou sur PC, très clairement, car les deux derniers supports sont bien mieux optimisés pour les standards graphiques que le jeu demande. C’est notamment au niveau des textures et de la finition des cheveux que la différence se fait. Aussi, on ne saura vous conseiller de jouer en qualité plutôt qu’en performance pour avoir un meilleur résultat sur PS5 classique. Sur la Pro, tout est déjà optimisé. Et sur PC, si vous disposez d’une RTX dernière génération (et de l’écran qui va avec), vous allez pouvoir vous faire plaisir en poussant toutes les options au max.

First Light Bagarre Avion
© Journal du Geek

Se regarder dans un miroir, se servir un verre… les interactions avec les éléments du décor sont nombreuses. Si elles ne sont pas toutes utiles à l’histoire et à la progression du joueur dans sa mission, elles sont là pour renforcer l’immersion et attirer l’œil sur les multiples détails à foison qui constituent chaque niveau exploré. Et pour cela, First Light n’hésite pas à nous faire voyager. Londres et l’Islande bien sûr, le Vietnam, Malte (là où Bond va apprendre et parfaire sa formation d’agent secret), la Slovaquie, la Mauritanie ou encore l’Antarctique sont au programme. À chaque fois, la petite claque dans la tronche, avec une introduction toujours soignée, dans une Jeep à Malte pour rejoindre le camp d’entraînement, où en bateau au Vietnam pour rejoindre un hôtel prestigieux en bord de mer. L’un des niveaux les plus beaux, ne serait-ce que pour le travail effectué sur l’eau, son rendu, sa profondeur, son cycle jour/nuit lors du chapitre et la végétation sur place.

Quand Hitman se met au service de 007

Manette en main, le jeu frappe fort là aussi. On se demandait juste si First Light saurait trouver le bon mélange entre infiltration et action, entre phases de recherche et d’objectifs et moments plus intenses. La réponse est oui. Et la réponse est d’autant plus positive que le menu proposé est varié. Au programme, on retrouve notamment une approche des objectifs de mission à la Hitman. Il fallait s’y attendre, l’ombre de l’agent 47 traîne un peu dans le sillage de James Bond. Mais juste un peu. Ici, l’infiltration ne consiste pas à cacher des corps, à effacer des traces derrière soi (même si on sera amené à le faire à un moment dans le jeu) ou à se déguiser en permanence.

First Light Labo De Q
© Journal du Geek

Non, ici, Bond va user de l’environnement autour de lui pour atteindre son objectif, qui est généralement de pouvoir pénétrer dans une zone interdite d’accès. Voler un badge de sécurité, se faire passer pour un journaliste, forcer un passage en passant sous les radars, voilà quelques-unes des possibilités d’action de Bond. Ce dernier peut surtout user de plusieurs éléments du décor pour attirer l’attention et faire diversion, comme allumer une radio, un aspirateur, faire volontairement du bruit ou encore saboter un appareil et/ou interagir directement avec une cible, à condition de bien se positionner pour déclencher l’action. Pour cela, Bond a évidemment une tripotée de gadgets à sa disposition. Une montre qui permet de pirater n’importe quel appareil. Un téléphone qui envoie des fléchettes qui incommodent pendant quelques instants n’importe quelle cible. Des similis d’AirPods qui envoient un flash aveuglant. Un appareil photo qui déclenche des ondes de choc. Un stylo qui envoie un petit missile… la liste est longue et tout cet attirail sort évidemment du cerveau génial de Q.

Gadgets et armes, tu gèreras avec parcimonie

Les gadgets ne sont pas illimités. À défaut de disposer d’un cooldown, chacun d’entre eux doit être rechargé en fonction de la nature : électrique ou chimique. Pour régénérer chaque gadget, Bond doit donc piquer de la batterie ou des produits chimiques là où il le peut, dans les endroits avec des produits ménagers et sur les smartphones laissés ici et là. On se fait vite à la manip’, même si le concept est un peu particulier. Peut-être qu’on chipote. Peut-être pas. Mais on s’y fait vite en tout cas. Et on apprécie fortement l’idée que les ressources de Bond ne soient pas inépuisables. On doit donc gérer soigneusement le niveau de ses gadgets et ne pas les utiliser n’importe comment. Même politique pour les balles et les flingues.

First Light Gunfight
© Journal du Geek

Déjà, Bond n’est pas en mesure de sortir son arme de service (quand il l’a) quand bon lui semble. Ce sont les événements qui dictent si oui ou non le futur 007 peut ou pas tenir en joue un ennemi et l’abattre. N’étant pas encore un agent double zéro, Bond n’a pas encore son permis de tuer et ce dernier lui sera délivré de manière éphémère. Comprenez en cas de nécessité absolue, ce qui équivaut aux phases où Bond n’a pas d’autre choix que de riposter car sa vie est mise en danger par une arme pointée sur lui.

First Light Gadgets
© Journal du Geek

Le jeu prend alors une autre dimension lors de ces gunfights où l’on doit jongler entre les armes jonchées au sol – ou celles prises en désarmant notre assaillant – et leurs munitions restantes, tout en restant à couvert et en se servant du décor pour attaquer et pour riposter. Les sensations de tirs sont bonnes, on sent bien les différences entre les armes et la visée est on ne peut plus facile à prendre en main, avec un petit correctif si vous visez légèrement à côté. On peut désarmer un ennemi d’une balle, l’abattre de loin ou de près, grâce notamment à un système de concentration pour améliorer la qualité de sa visée.

L’environnement comme terrain de jeu

Ce qui est encore plus jouissif, ce sont les combats à mains nues. En plus de ses poings, Bond peut attraper ses ennemis, soit pour les malaxer (poings ou genoux) soit pour les envoyer valser contre un élément du décor. Panneau électrique, vitrine, coin de mur, portes, murs, tout est bon pour faire mal et mettre KO son adversaire, avec des finish moves là aussi particulièrement réussis. Les combats répondent à des mécaniques simples mais qui demandent une certaine vigilance tout de même, pour alterner les parades et les esquives. Surtout en situation de stress, lorsque Bond est dépassé en nombre, face à des ennemis armés par exemple. Quel bonheur d’étendre un ennemi et de ramasser son arme en la faisant voler avec son pied, pour mieux mitrailler tout ce qui bouge ensuite…

First Light Villa
© Journal du Geek

La mise en scène y est clairement pour quelque chose. Les cinématiques sont exceptionnelles. Mais pas que. Les dialogues sont dans l’esprit des James Bond, avec un personnage principal fidèle à ce qu’on attend de lui et des persos secondaires emblématiques comme M, Q, Greenway ou encore Moneypenny, qui le sont tout autant. Les vannes fusent, les moments de tension aussi, toujours au service de l’intrigue. D’autant que Bond peut se servir de sa gouaille comme arme aussi. À chaque action furtive réussie (comme neutraliser un ennemi ou voler quelque chose), 007 gagne des points d’instinct. Et cet instinct va lui permettre de bluffer un ennemi lorsque ce dernier le repère dans une zone où il n’est pas censé être. L’occasion pour le jeune agent de faire parler son improvisation. Après tout, plus le mensonge est gros et plus il a de chances de passer… même si le subterfuge n’est que temporaire. Là encore, la modélisation des acteurs choisis est parfaite. Leurs visages sont régulièrement teintés d’émotions et de détails (sueur, sourire, rictus), comme ceux des ennemis au moment de recevoir un coup de poing. Les visages se déforment sous la douleur ou deviennent solaires et taquins en fonction des situations. Et, on le dit, Patrick Gibson, l’acteur derrière cette version de James Bond, a des arguments à faire valoir pour un rôle au cinéma. Voilà.

Tout le cahier des charges de 007 respecté à la lettre

Revenons aux situations. Car, hormis celles décrites plus haut, il y en a. On l’a déjà dit et on le redit : 007 : First Light a été pensé comme un film de la licence. Alors oui, il y aura des James Bond girls. Oui, James va avoir une romance ou deux en cours de route. Et oui, ce dernier va évoluer, passant de simple membre de la Royal Navy à agent déterminé à faire le bien au Service de Sa Majesté. Son apprentissage épouse celle de Daniel Craig dans Casino Royale, avec une naïveté certaine et un sens du sacrifice tout aussi important.

First Light Poursuite
© Journal du Geek

Bond, qui nous offre sa plus jeune version existante à ce jour dans le jeu (26 ans), ne manque pas d’occasions pour faire valoir sa bravoure : saut d’un avion sans parachute au-dessus du sol slovaquien, course-poursuite avec un sniper sur les toits de Londres, course-poursuite en voiture à travers champs… tout cela est prétexte à des séquences de QTE, qui s’insèrent comme les plus grands jeux du genre l’ont fait avant First Light. On pense à Uncharted, on pense aussi à The Last of Us. Un interrogatoire devient une scène interactive, tout comme un fight à l’intérieur d’un avion, où on peut s’amuser à faire bouger ce dernier, afin d’envoyer valdinguer les ennemis contre les parois.

Une histoire digne d’un film James Bond

Toute l’action est au service du spectacle. Et ce dernier est de très grande qualité. Acting, modélisation, effets, gameplay, First Light coche toutes les cases : celles d’un grand jeu James Bond, de loin le meilleur jamais fait à ce jour et le nouveau, trente ans ou presque après GoldenEye. Celles d’un jeu de l’année, pour lequel il est candidat, même si un certain GTA 6 aura son mot à dire cet automne. Celles d’un renouveau réussi pour une licence aussi vieille et mythique qu’est la saga de Ian Fleming. De quoi donner des idées à Amazon et aux ayants droits en vue du reboot cinématographique (votez Patrick Gibson !) ?

First Light Dialogue
© Journal du Geek

On ne peut que saluer l’excellent travail des équipes d’IO Interactive, qui ont monté une histoire vraiment chouette à suivre, prenante et pleine de rebondissements. Pas de spoil ici mais tout le monde ne sort pas indemne des événements de First Light. Bond va grandir en tant qu’agent et en tant qu’homme et va passer par toutes les émotions. Surtout, l’ennemi après lequel le jeune 007 court n’est pas forcément celui que l’on croit ou celui que le jeu cherche à nous vendre (gambergez un peu). Et celui que le jeu finit par nous proposer pue littéralement le charisme. En tout cas, les combats de boss sont à la hauteur de l’attente et du show proposé tout au long des 20 heures (il nous en a fallu 22 très exactement) imposées pour finir la trame de First Light.

Vous m’en remettez un peu, s’il vous plaît ?

Ensuite ? On peut s’amuser à rejouer les missions, comme dans Hitman, et tenter une nouvelle approche. On peut tenter de réussir les différents défis proposés par niveau. On peut aussi et surtout se lancer dans les missions de simulation tactique, qui nous permettent là encore de rejouer des missions déjà faites, l’histoire et les cinématiques en moins, et avec des modificateurs disponibles comme le nombre d’ennemis, leur niveau de riposte, le nombre de gadgets disponibles… l’enjeu principal de ce mode c’est de pouvoir jouer la complétion au maximum, puisque c’est là qu’on va pouvoir débloquer toutes les tenues, toutes les armes et tous les gadgets du jeu pour les utiliser ensuite dans le mode.

First Light Parachute
© Journal du Geek

On a fait le tour et il est difficile de reprocher véritablement quelque chose à First Light. Et pourtant si… on peut. Le comportement de l’IA, déjà pointée du doigt lors de la preview, notamment. Lors des phases d’infiltration, celle-ci est d’une bêtise un peu consternante par moments, car capable de ne pas entendre Bond étaler un collègue à quelques mètres, alors que ce dernier ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il neutralise quelqu’un. En revanche, sa force de frappe est assez violente, surtout lorsque les renforts arrivent. On apprécie d’ailleurs le fait que les ennemis ne restent pas statiques et cherchent à vous contourner et à vous débusquer en cas d’assaut.

First Light écoute
© Journal du Geek

Autre regret, le manque de vie de certains PNJ. Tous ne sont pas logés à la même enseigne et ceux qui sont directement liés à l’action bénéficient du plus grand soin. Mais bon, on chipote (un peu moins) là aussi. Non, en vérité, ce sont probablement les phases en véhicule qui nous frustrent un peu. Il ne s’agit pas de leur réalisation : celle-ci est à chaque fois de tout premier ordre avec une jouabilité simple et intuitive (foncer, tourner et freiner). Le jeu nous offre des grands moments en bateau, en voiture et en camion. Non, on regrette juste de ne pas pouvoir conduire l’Aston Martin Valhalla, bien que le jeu nous annonce un mode de jeu à venir prochainement – via le simulateur de missions -, où on pourra sortir le bolide, revisité façon machine de guerre par Q. De quoi encore consacrer de belles heures à First Light, en somme.

Je découvre

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Notre avis

007 : First Light est le grand jeu James Bond qu'on nous avait promis et il coche même toutes les cases pour être un sérieux candidat au jeu de l'année. C'est simple : toute l'essence des films et du personnage de 007 est là, distillée pendant une vingtaine d'heures et une histoire à l'image des longs-métrages, mêlant romance, bravoure, trahison, drame et rebondissements. Le gameplay est agréable à prendre en main, le jeu dispose d'une rejouabilité certaine et propose suffisamment de challenges pour apprécier ses plus grands passages, et ils sont nombreux. L'exercice était périlleux, à savoir reprendre le gameplay d'Hitman et l'adapter à Bond, mais les équipes d'IO Interactive ont relevé le défi haut la main. Daniel Craig a marqué le renouveau de la franchise au cinéma. 007 : First Light est bien parti pour succéder dans les coeurs à GoldenEye et offre enfin à Bond, le grand jeu vidéo qu'il méritait.
Note : 9.5  /  10

Les plus

  • C’est vraiment super beau
  • La mise en scène, digne d’un grand film de 007
  • L’histoire, pleine de rebondissements et meta avec l’usage de l’intelligence artificielle
  • Les phases de QTE, vraiment dynamiques
  • Les dialogues et l’acting des personnages, plus vraies que nature
  • Le respect de l’univers de 007, de l’écriture du personnage, aux gadgets et à tout son environnement
  • Le gameplay, qui offre une grande liberté d’action au joueur tout de même
  • Les coulisses du MI6
  • Un méchant vraiment méchant, stylé, même s’il abuse un peu parfois
  • Une revisite du personnage et sa montée en puissance, entre espion, homme de principe et séducteur
  • Le générique incroyable de Lana del Rey et la présence du Gun Barrel
  • On vote Patrick Gibson pour le prochain film

Les moins

  • Le manque d’intelligence des ennemis en phase d’infiltration
  • Toujours ce souci d’être bien placé pour déclencher certaines actions
  • Un jeu clairement mieux optimisé pour le PC et les versions premium des consoles
  • On ne peut pas conduire l’Aston Martin Valhalla dans le jeu (pas encore)

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