[Discover] Plainte contre Snapchat pour diffusion de contenu sexuellement explicite aux mineurs

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Par Elodie le

Snapchat n’avait pas prévu qu’en proposant Discover, les jeunes utilisateurs surfant sur l’application découvriraient du contenu sexuellement explicite. Un enfant de 14 ans, soutenu par sa mère, a déposé plainte en recours collectif.

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Avec 160 millions d’utilisateurs actifs par jour Snapchat est devenu le réseau social numéro un sur la planète (rien à voir avec le nombre d’utilisateurs total qui fait de Facebook le leader avec ses 1,59 milliard d’utilisateurs).

Des utilisateurs majoritairement composés d’adolescents qui ont depuis quelque temps fuient leur ancienne plateforme chouchou Facebook. Ce qui a valu à Snapchat d’être taxé de plateforme pour ado au grand désespoir de son CEO et fondateur Evan Spiegel (même si la tendance tend aujourd’hui à s’inverser).

Snapchat a depuis diversifié son offre, notamment avec Discover lancé il y a plus d’un an et qui propose un aperçu de l’actualité (vidéo, photos, articles) grâce à un partenariat avec plusieurs médias internationaux allant de Vice, People, Mashable à Buzzfeed, CNN, MTV en passant par National Geographic.

Une offre éclectique qui n’est pas du goût de tous. Un enfant de 14 ans et sa mère ont déposé plainte contre la plateforme.

Non pas pour avoir reçu quelques photos aussi coquines qu’éphémères qui ont grandement contribuées à la notoriété de Snapchat, mais pour être tombé sur quelques articles un peu olé olé sur Discover.

Une exposition insoutenable « à des contenus nuisibles, insultants, lubriques et sexuels », y compris cet article de Buzzfedd intitulé « 23 Pictures That AreToo Real If You’ve Ever had Sex With A Penis » (soit « 23 images que vous comprendrez si vous avez déjà couché ») illustré avec des personnages de Disney. Une insulte à son enfance.

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La plainte explique ainsi que « Des images innocentes des dessins animés Disney préférés de John ont été perverties par des photos explicites et des textes ».

« Avec Snapchat Discover, Snapchat est actuellement engagé dans un schéma insidieux où il expose volontairement des mineurs à des contenus nuisibles, insultants, lubriques et sexuels. Le tout sans le moindre avertissement aux parents sur ces contenus explicites », peut-on ainsi lire dans la plainte.

Ce jeune garçon, nommé John Doe dans la plainte, est un bon élève qui « espère aller à l’université ». Il a rejoint « la folie Snapchat […] avant tout pour communiquer avec ses amis. Il aime se prendre en photos en appliquant les filtres grâce à la reconnaissance faciale » et ne s’attend pas à être soumis à de tels articles : « 10 choses auxquelles il pense lorsqu’il ne vous fait pas atteindre l’orgasme » ou encore « Quand j’étais livreur de pizza, j’ai fumé, je me suis fait sucé et j’ai volé ».

À mesure que Snapchat s’éloigne de son service de base, à savoir une messagerie éphémère, d’autres contenus apparaissent afin de satisfaire une audience élargie et plus mature. Des contenus qui ne sont pas nécessairement adaptés à un si jeune public. Pour les plaignants, Snapchat réalise des profits grâce à Discover au détriment de la « sécurité des enfants ».

Du côté de Snapchat, on assure ne pas avoir pris connaissance de la plainte : « Nous n’avons pas encore reçu la plainte pour cette action en justice, mais nous sommes désolés si des personnes se sont senties blessées. Nos partenaires sur Discover ont une totale indépendance éditoriale et nous tenons à souligner cela ».

Les plaignants, qui réclament des dommages et intérêts dont le montant n’a pas été précisé, ont déposé une class action (un recours collectif) et espèrent voir d’autres parents se joindre à leur procédure.

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