Twitter poursuit le gouvernement américain qui réclame l’identité de l’utilisateur d’un compte anti-Trump

Business

Par Elodie le

L’administration Trump veut découvrir l’identité de la personne derrière le compte ALTImmigration (@ALT_uscIs), créé en janvier et dédié à la « résistance de l’immigration ». Mais Twitter n’entend pas plier et attaque le gouvernement américain.

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Twitter a toujours fait passer l’anonymat et la protection de la vie privée de ses membres avant toute chose, à tort ou à raison. Fidèle à son histoire, la plateforme attaque le gouvernement américain qui lui réclame l’identité de l’utilisateur ALTImmigration. L’objet du délit ? Sa virulence envers la politique de Donald Trump, qu’il ne manque jamais de commenter d’un ton corrosif.

Une virulence suffisante pour que le département à la Sécurité Intérieure réclame à Twitter les informations permettant la levée de son anonymat. Dans sa plainte, le réseau social explique avoir reçu une citation à comparaître de la part des douanes américaines lui intimant l’ordre de lui fournir les données requises : l’adresse IP et le numéro de téléphone rattachés à l’adresse mail du compte.

Un compte pas du gout des autorités

Mais Twitter ne l’entend pas ainsi et brandit le premier amendement : « La liberté d’expression accordée à Twitter et à ses utilisateurs par le premier amendement de la Constitution inclut le droit de disséminer ce genre de discours politique anonymement ou sous pseudonyme », indique la plateforme dans sa plainte.

ALTImmigration, qui se présente ainsi sur Twitter « Résistance de l’immigration […] Pas les opinions du département de la sécurité intérieure ou des services de citoyenneté et d’immigration. […] #altgov », aurait prétendu être un membre dissident des services de l’Immigration.

Aucune base légale

Comme à son habitude, Twitter a prévenu l’utilisateur en question de l’enquête dont il faisait l’objet, ce n’est qu’après son consentement que la plateforme délivrera les informations demandées. Mais pour Twitter, cette demande émanant des douanes n’a aucune base légale puisque le gouvernement n’a pas démontré « qu’une infraction a été commise ». Par ailleurs, ce service n’a pas l’autorité suffisante pour réclamer une telle levée d’anonymat, Twitter demande donc de déclarer cette requête illégale et d’interdire sa mise en application.

Si la requête gouvernementale venait à être accordée, cela aurait un effet dissuasif sur les autres comptes critiques envers l’administration Trump et porterait un coup certain à la liberté d’expression, protégée par le premier amendement.

Atteinte à la liberté d’expression

En plus du département à la Sécurité Intérieure, Twitter attaque également quatre de ses représentants, son ministre, John Kelly, le commissaire par intérim Kevin McAleenan et les agents spéciaux Stephen P. Caruso et Adam Hoffman, qui ont émis et signifié l’ordre lui-même. Dans cette affaire, Twitter a d’ores et déjà reçu le soutien de la toute puissante ACLU, l’association de protection des libertés civiles américaine.


« Nous sommes ravis que Twitter fasse de la résistance. Nous irons au tribunal pour défendre le droit de cet utilisateur à s’exprimer de manière anonyme »

ALTImmigration quant à lui, a réagi sur son compte Twitter

Ce n’est pas la première fois que Twitter attaque le gouvernement américain. En 2014, en pleine polémique sur les révélations d’Edward Snowden, le réseau social avait poursuivi l’administration Obama pour pouvoir communiquer avec plus de transparence sur les requêtes gouvernementales qu’il recevait de la part du gouvernement.

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