Un implant dans le cerveau afin d’améliorer sa mémoire, la solution de demain ?

Science

Par Mathieu le

Dans les années 90, lorsqu’on regardait certains longs-métrages de science-fiction, l’idée de modifier scientifiquement le cerveau humain était souvent évoquée. Aujourd’hui, cela paraît de plus en plus réel. Ce sont nos confrères de Science et Avenir qui nous expliquent que l’équipe du docteur Dong Song a bien avancé sur le sujet et notamment sur un implant cérébral qui aurait la faculté d’améliorer la mémoire des patients. Le but de cette technique est simple : permettre aux personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative comme Alzheimer de retrouver tout ou partie de leurs facultés.

Cet implant créé par un groupe de chercheur de l’Université de South California délivre des stimuli électrique à certains endroits de notre cerveau, et notamment l’hippocampe, afin d’améliorer la mémoire du patient. L’expérience menée par le docteur Dong Song a été réalisée sur 20 personnes volontaires qui étaient déjà équipées d’implants cérébraux afin de lutter contre l’épilepsie. Dans un long article paru dans la revue NewScientist, on apprend ainsi que les patients ont tous vu leur mémoire s’améliorer (de 30 % en moyenne), à des degrés différents, grâce à des stimuli spécifiques.

Deux types de mémoire ont été distingués :

• La mémoire à “court terme” où l’on demandait aux patients de reconnaître des formes complexes auxquelles ils avaient été exposés entre 5 et 10 secondes auparavant.
• La mémoire “de travail” avec un exercice où ils devaient reconnaître des images dévoilées 10 à 40 minutes plus tôt.

On apprend ainsi que les chercheurs n’ont pas stimulé directement l’hippocampe mais plutôt des zones bien plus petites qui étaient spécifiques à chaque malade. Et en les réactivant via l’implant et un stimuli, cela avait un impact très intéressant sur leur mémoire avec une amélioration de l’ordre de 15 % à 25 % dans le cadre de la mémoire de travail.

L’objectif clair derrière ces recherches est donc de permettre aux patients atteints de maladies neurodégénératives de contrer la destruction des cellules de l’hippocampe qui cause la perte sur le moyen terme de leur mémoire. Cet implant serait une sorte de “prothèse de mémoire” qui aura comme but de raviver les parties éteintes du cerveau des patients. “Si l’on peut améliorer le fonctionnement d’une structure comme l’hippocampe grâce à des stimuli, il est possible d’appliquer la technique à d’autres parties du cerveau” affirme le docteur Song.

Attention néanmoins, une grande question éthique est aussi soulevée par cette découverte scientifique : et si les chercheurs profitaient de ces implants pour injecter de faux souvenirs dans le cerveau du patient ? Un constat loin d’être bête puisque les équipes de l’Université de South California ont également travaillé sur ce domaine.