YouTube accusé de mettre en avant les vidéos complotistes et clivantes sur sa plateforme

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Par Henri le

Le géant de la vidéo sur Internet est actuellement accusé de promouvoir le contenu complotistes et clivant pour garder les gens le plus longtemps sur le site.

Avec un milliard d’heures visionnées chaque jour, YouTube est évidemment le roi de la vidéo sur Internet. Mais les façons dont l’algorithme du site tente d’augmenter le visionnage sont aujourd’hui questionnées.

Lorsqu’une vidéo est terminée, une autre s’enclenche alors dans les quelques secondes qui suivent à moins de décocher le bouton d’automatisation du visionnage. Ce nouveau contenu est directement suggéré par YouTube et permet par exemple de découvrir des artistes similaires en cas d’écoute musicale.

Un système qui fonctionne relativement bien, mais qui peut être plus tendancieux lorsqu’il s’agit de contenu polémique. Il n’est en effet pas rare que nos pérégrinations sur le site nous mènent à des vidéos conspirationnistes

Réalité déformée

Le Guardian s’est penché sur la question et a pu recueillir le témoignage de Guillaume Chaslot, un ingénieur français qui fut salarié pendant trois ans chez YouTube, avant d’être licencié en 2013. Il tire un bilan plutôt alarmant.

« YouTube ressemble à la réalité, mais cette dernière est déformée pour que vous passiez plus de temps en ligne. L’algorithme de recommandation n’optimise pas le contenu vérifié, neutre ou sain pour la démocratie. »

Alerté par le phénomène, il a décidé de créer un logiciel nommé Algotransparency qui permet d’analyser les vidéos les plus suggérées par la plateforme. En se basant sur le millier de vidéos les plus recommandés, il y a découvert pêle-mêle des vidéos démontrant que la terre était plate, que le pape était l’antéchrist mais aussi qu’il y avait six fois plus de contenu en faveur de Donald Trump qu’Hillary Clinton lors de la dernière élection américaine

Donald Trump / Crédit : Wikipedia/ Michael Vadon

Que la production vidéo en faveur du candidat républicain soit plus importante n’est pas en soi préjudiciable, mais certaines infos relayées par ces vidéos étaient clairement fausses. On pouvait y lire que la candidate démocrate avait la syphilis, la maladie de Parkinson ou faisait partie d’un culte satanique. D’une manière générale, cette élection a marqué une véritable prise de conscience de la puissance des réseaux sociaux et de YouTube auprès de certaines franges de la population.

« Il y a de nombreux moyens que YouTube peut utiliser pour modifier son algorithme, afin de limiter les « fake news » et améliore la qualité et la diversité des vidéos mise en avant. »

Mis en cause, Google a d’abord contesté ces propos, expliquant que l’algorithme avait changé depuis le départ de Mr Chaslot. Cependant, un courrier du sénateur Mark Warner, assigné à la commission d’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine aurait fait avancer le débat. La firme de Mountain View a fini par annoncer qu’elle travaillait sur une solution pour que ces contenus soient moins mis en avant.