iSim : ARM veut faire disparaître l’encombrante carte SIM pour mieux l’intégrer dans les processeurs

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Par Gaël Weiss le

Le concepteur de puces mobiles ARM a l’ambition de faire disparaître cette bonne vieille et encombrante carte SIM. Et pour cela, il veut tout simplement l’intégrer dans ses puces. Non seulement cela permettra de gagner physiquement de l’espace au sein des appareils, mais aussi d’économiser de l’argent aux opérateurs téléphoniques. À condition qu’ils adoptent la technologie, ce qui est très loin d’être acquis.

Une carte SIM. Crédit image : MIKI Yoshihito via Flickr.

Souvenez-vous, lors de l’annonce de l’iPhone 7, Apple avait justifié la disparition du port jack de ses smartphones en soulignant (entre autres) qu’il prenait physiquement trop de place au sein d’appareils de plus en plus fins. Mais plutôt que de faire disparaître le port jack, pourquoi n’aurait-il pas pu supprimer le tiroir de la carte SIM à la place ?

Une carte SIM de moins d’un millimètre carré

La réponse à cette question est simple : tout simplement parce que les opérateurs mobiles ne sont pas encore prêts à lâcher leurs cartes SIM. Et avec l’iSim, ARM a tout simplement l’ambition de les faire disparaître. Pour ce faire, il compte l’intégrer directement au sein des puces qu’il conçoit. Alors qu’actuellement une carte Nano-SIM mesure 12,3 × 8,8 mm, ARM affirme que son intégration au sein d’une puce lui permettra de prendre « moins d’un millimètre carré ». Autrement dit, de faire totalement disparaître le tiroir de la carte SIM d’un appareil.

Sur le papier, l’iSim n’a que des avantages. Les constructeurs auraient tout d’un coup un peu plus de place pour intégrer de nouveaux composants dans leurs téléphones, sans parler des économies réalisées. Les opérateurs, mais aussi leurs clients, n’auraient plus à payer des cartes SIM ni à les attendre quelques jours pour disposer du réseau.

Une technologie qui doit encore convaincre les opérateurs

Mais la réalité est un peu plus complexe. ARM a beau disposer d’une technologie, il faut qu’elle soit à la fois acceptée par les fabricants de puces (Qualcomm ou MediaTek en tête) mais aussi, et surtout, que les opérateurs acceptent de ne plus contrôler leurs stocks de cartes SIM physiques. Sans carte SIM physique, plus rien n’empêche en effet un client de quitter son opérateur du jour au lendemain sans avoir à se poser la question du sésame pour capter un nouveau réseau.

ARM, de son côté, pense avoir des arguments pour convaincre les opérateurs. Dans un premier temps, les iSim ne se destineront pas aux smartphones, mais plutôt aux appareils connectés de petite taille, soit tout ce qui est en rapport avec l’IoT. L’argument de la société britannique est plutôt simple : l’intégration de cartes iSim au sein de ses appareils va faciliter leur connexion aux réseaux des opérateurs et donc accroître potentiellement leur nombre de clients.

Premières puces prévues pour la fin de l’année

ARM affirme pour finir que le design de sa technologie est prêt et qu’il a été envoyé aux constructeurs de puces. Les premières puces intégrant l’iSim devraient sortir avant la fin de l’année. Reste maintenant à voir si les opérateurs mobiles sont suffisamment convaincus pour suivre ce nouveau standard.