Voilà le genre de données que les géants du web collectent sur vous sans que vous le sachiez

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Par Anne Cagan le

Le Wall Street Journal a épluché les chartes de confidentialités de plusieurs géants du web afin de fournir des exemples de données qui peuvent être collectées sur vous. Ses conclusions sont éloquentes.

Les exemples du Wall Street Journal sont très bien trouvés. Et aussi très inquiétants. Pour bien faire comprendre aux lecteurs la façon dont certaines sociétés collectent sur eux des données qu’ils n’ont pas conscience de partager, le journal a eu la bonne idée d’élaborer des cas concrets après étude minutieuse des chartes de confidentialité.

Vitesse, adresse IP, routeurs WiFi…

Le journal a entre autres, établi, la (longue) liste de données potentiellement collectées par Google quand une personne utilise Google Map pour se rendre chez une amie en voiture. Conclusion ? Outre la position de départ et l’adresse de destination (directement fournies par la conductrice), Google a par exemple la possibilité de collecter les données relatives à sa vitesse, à la typologie de l’appareil, à l’adresse IP qui lui est associée ou encore aux routeurs WiFi les plus proches.

Quand l’utilisateur fournit 3 données via un selfie, Facebook peut en collecter 17 de plus

La liste la plus surprenante reste cependant celle établie dans le cas ou une personne partage un selfie sur Facebook. En plus des données volontairement fournies par l’utilisatrice fictive du scénario (photo, texte et reconnaissance faciale), le Wall Street Journal, note ainsi que le réseau a la possibilité de collecter une flopée d’autres informations. On y trouve, entre autres : la localisation de la photo (si elle est incluse dans les métadonnées), la date, le niveau de batterie, la vitesse de connexion, la quantité de stockage disponible, l’adresse IP, le signal Bluetooth, le nom de l’opérateur, le type et l’OS de l’appareil.

Une liste qui montre le déséquilibre criant entre les données que les utilisateurs de Facebook ont conscience de partager (ici trois) et celles qui sont au final collectées (la liste complète disponible sur le site du WSJ en mentionne pas moins de dix-sept).

Ce n’est cependant peut-être même pas le point le plus problématique avec le réseau social. Comme l’a opportunément rappelé l’audition de Mark Zuckerberg, Facebook collecte des données sur des utilisateurs qui ne sont même pas inscrits chez lui.

Ce phénomène s’illustre par exemple dans le cas de la recherche d’amis. Lorsqu’une personne s’inscrit sur Facebook, le réseau lui suggère de partager sa liste de contacts pour trouver plus facilement ses proches sur la plateforme. Mais si elle accepte (ce qui est souvent le cas), elle donne de fait toutes les coordonnées de ses contacts, y compris, celles de personnes qui ne sont pas sur Facebook. Le réseau peut donc facilement découvrir les coordonnées ou le réseau relationnel d’internautes qui ne sont même pas membres de son service.