Ce tissu cardiaque cultivé en laboratoire bat comme un vrai

Science

Par Corentin le

Une équipe de chercheurs allemands a réussi à cultiver en laboratoire des tissus cardiaques fonctionnels à partir de cellules souches provenant de peau humaine.

Des chercheurs du centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf en Allemagne ont créé du tissu cardiaque humain cultivé en laboratoire. Développé à partir de cellules souches pour, le tissu cardiaque pompe le sang comme un “vrai”.

Des cellules souches de peau transformées en tissus cardiaque

Cette prouesse scientifique laisse imaginer la possibilité de soigner par chirurgie les patients atteints de fibrillation auriculaire, plus communément appellée troubles du rythme cardiaque, qui touche plus de 33 millions de personnes dans le monde. Autre bonne surprise, le tissu cardiaque réagi de la même manière aux médicaments que les oreillettes cardiaques humaines.

Les tissus ont été cultivés à partir de cellules somatiques, autrement dit n’importe quelle cellule non germinale (sans gamète) du corps humain. Ici, ce sont des cellules extraites d’une biopsie cutanée (de la peau) qui ont été utilisées, rendant la culture de tissu cardiaque relativement simple. Eschenhagen, l’un des chercheurs de l’équipe, a déclaré que des tissus cardiaques en 3D pouvaient être facilement cultivés par millions

Un coeur “synthétique” cultivé en laboratoire ? Pas encore

Malgré la prouesse et l’importance de la découverte, Eschenhagen tempère : “personnellement, je ne pense pas qu’il soit réaliste et utile de créer un nouveau cœur par culture“, a-t-il dit. “Un tel cœur artificiel devrait déjà être parfait au moment de la transplantation pour remplacer le cœur malade. C’est très improbable vu la taille et la complexité d’un cœur, y compris les vaisseaux sanguins et les valves.

En revanche, l’une des pistes envisagées serait de renforcer la coeur des patients ayant resisté à une crise cardiaque en remplaçant les tissus fragiles, et ainsi de limiter voir éliminer le risque de récidive. L’équipe de chercheurs est déjà parvenue à obtenir des résultats concluants sur des souris et des rats, et envisage de faire des tests sur des porcs et des humains.