Osiris Rex : Récolter des échantillons sur l’astéroïde Bennu va demander une précision d’orfèvre

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Par Henri le

Cela fait deux ans que la sonde Osiris Rex voyage en direction de l’astéroïde Bennu. Mais la récolte d’échantillons s’annonce plus compliquée que prévu.

Crédits : NASA

Quand on travaille à la NASA, il est rare qu’une mission se passe sans accroc. C’est exactement ce qu’ont dû se dire les scientifiques et ingénieurs qui travaillent actuellement sur la mission Osiris Rex. Après deux ans de voyage dans le système solaire, la sonde est arrivée en décembre près de l’astéroïde Bennu. Elle n’a plus qu’à entamer une phase de collecte d’échantillons avant de repartir vers la planète bleue, et d’atterrir à l’horizon 2023.

Mais il y a un hic.  L’astéroïde, qui mesure environ 490 mètres de diamètre, est recouvert de rocher de différentes tailles. Il n’est donc pas lisse, comme le pensaient les chercheurs. Cette surface rocailleuse va en effet rendre bien plus difficile la collecte d’échantillons… à 85 millions de kilomètres de la Terre. Plus de 200 rochers de plus de 10 mètres de diamètre ont été identifiés, tandis que certains cratères mesurent jusqu’à 150 mètres.

Crédits : NASA

Osiris Rex a en effet été conçu pour viser une surface plane d’environ 25 mètres de rayon. Mais comme vous pouvez le constater sur les photos de l’agence, ces zones ne sont pas forcement légion. Il va donc falloir viser plus petit. En juillet 2020, le bras articulé de la sonde devra toucher la surface pendant cinq secondes pour collecter entre 60 grammes et 2 kilos de matière (de la régolithe).

Dante Lauretta, le chef de la mission, n’a visiblement pas l’intention de se laisser décourager, comme il l’a expliqué lors d’une conférence de presse. Ses observations ont également été rapportées dans la très sérieuse revue Nature.

« Nous retournons à la case départ et recommençons à réfléchir. […] Cela n’a rien de trivial de livrer une sonde spatiale avec une précision de l’ordre du mètre sur la surface d’un astéroïde en microgravité. »

Crédits : NASA

Il reste néanmoins « certain » que son équipe arrivera à ses fins. Bennu leur réserve d’ailleurs une autre surprise, puisque l’astéroïde ne cesse d’éjecter des particules qui retombent comme une pluie à sa surface. Il semblerait néanmoins que ces dernières ne soient pas assez grosses pour déranger la sonde lors de sa mission. C’est déjà ça !