La CNIL inflige 20 000€ d’amende à une entreprise qui filmait ses salariés en continu

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Par Remi Lou le

Une entreprise spécialisée dans la traduction s’est vu infliger une amende administrative de 20 000 euros après avoir filmé en continu ses employés à leur poste de travail.

Imaginez-vous installé à votre poste de travail, avec une caméra qui épie vos moindres faits et gestes, tout cela en continu. Non, ce n’est pas un futur dystopique issu d’un épisode de Black Mirror, mais bien une réalité dans la société UNIONTRAD COMPANY. Celle-ci vient de se faire épingler par la CNIL et condamner à verser 20 000 euros après avoir filmé ses salariés en continu sans jamais leur avoir clairement expliqué qu’ils étaient filmés.

Les conditions très strictes de la vidéosurveillance en entreprise

UNIONTRAD COMPANY est une société spécialisée dans la traduction et compte neuf salariés. Ce sont ces salariés qui ont alerté la CNIL d’un souci de taille dans l’entreprise : la présence d’une caméra dans leur bureau allumée 24h/24h. Le problème, c’est que ce système de vidéosurveillance n’a jamais été clairement indiqué aux salariés, et surtout qu’il les filmait en continu.

Cette pratique est tout simplement illégale. Il est en effet possible d’installer un système de vidéo surveillance dans une entreprise au niveau des entrées et sorties des bâtiments, des voies de circulation, ou encore des zones contenant des biens de valeur. Toutefois, il est strictement interdit de filmer les employés devant leur poste de travail, sauf cas très particuliers dans lesquels l’employé serait amené à manipuler de l’argent, par exemple. Et encore, dans ce cas bien précis, la caméra doit se concentrer sur l’argent manipulé et éviter de pointer directement vers le salarié.

Pourtant, les traducteurs d’UNIONTRAD COMPANY étaient loin de remplir ces conditions particulières. Pour couronner le tout, les postes informatiques de l’entreprise n’étaient pas sécurisés par un mot de passe, et la messagerie professionnelle commune à tous les traducteurs était partagée avec un mot de passe unique.

Après une première mise en demeure en juillet 2018, la CNIL a décidé d’infliger 20 000 euros d’amende après un second contrôle en octobre dernier qui a révélé que l’entreprise n’avait rien fait pour remédier à ses manquements. Si la CNIL a décidé de rendre sa décision publique, c’est notamment pour informer concernant la sensibilité particulière de la vidéosurveillance en entreprise, constituant parfois un grave manquement à la protection de la vie privée.

Source: CNIL