Un calmar géant aperçu pour la première fois dans les eaux américaines

Science

Par Henri le

Nos océans réservent encore bien des secrets. Une récente exploration du Golfe du Mexique a permis de tomber nez à nez avec une légende des profondeurs.

Le calmar géant a souvent entretenu les mythes et autres histoires de marins, mais peu de personnes en ont vu en action. La majorité des spécimens recueillis et observés le furent après s’être échoués sur les côtes. Il faut dire que l’animal, particulièrement furtif et rapide, est insaisissable. En effet, les premières images d’un tel animal dans son habitat remontent à 2012, et proviennent de scientifiques japonais.

L’occasion de découvrir une créature énorme, dont la taille varie habituellement de 10 à 13 mètres, qui peut nager dans tous les sens grâce à un puissant système de propulsion. On comprend donc qu’elle ait pu fasciner les écrivains d’antan, qui percevaient en elle un effroyable prédateur.

L’océanographe américaine Edith Widder traque l’animal depuis un moment. Cette chercheuse de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOOA) a développé une caméra spéciale pour l’attirer. En effet, cette dernière, baptisée Medusa, imite le mécanisme de défense (bioluminescent) des invertébrés dont il se nourrit. Elle s’est confiée au Washington Post sur ce travail.

« Il est extrêmement difficile de filmer un calamar géant dans son habitat naturel, si difficile, en fait, que personne n’y était parvenu avant 2012. […] Nous criions tous ; d’autres personnes ont commencé à courir dans le laboratoire et nous essayions de ne pas nous énerver. En science, il faut faire attention de ne pas se faire d’illusion »

Après de nombreuses expéditions vaines dans les eaux américaines, la persévérance de Widder et des 23 membres de son équipe a payé. Croyant apercevoir une méduse, la bête sort de l’obscurité pour s’en saisir grâce à ses gigantesques tentacules. Comprenant qu’elle s’est trompée, elle s’enfuit rapidement.

Cette observation rare montre un spécimen jeune, d’une taille comprise entre 3 et 3,7 mètres. Elle a été effectuée à 759 mètres de profondeur, à environ 160 km des côtes de la Nouvelle-Orléans. Une rencontre exceptionnelle !