La moitié des opérateurs de trottinettes électriques à Paris plie bagage

Urban Mobility

Par Antoine le

Six des douze opérateurs de trottinettes électriques en libre service s’apprêtent à plier bagage, révèle le Parisien. Pour certains, l’aventure tourne court après quelques mois d’exploitation seulement : Bolt, Wind, Hive, Ufo, Tier et Voi ont ainsi mis leur flotte à l’arrêt.

Si la majorité préfère parler d’”interruption momentanée”, invoquant notamment un vandalisme récurrent, beaucoup se refusent à donner une date de reprise de leur activité. Et pour cause : la capitale est en train de combattre farouchement cette image d’Eldorado du “free floating”. Le 6 juin dernier, Anne Hidalgo (PS) annonçait toute une série de mesures, visant à réduire autant que possible l’impact global de ce mode de transport. La maire de Paris avait commencé par décréter l’interdiction de circuler, puis de stationner sur les trottoirs. Cela a déjà du faire tiquer certains des opérateurs, qui ont senti le vent tourner à ce moment là. Mais le vrai coup de bambou est arrivé quand ils ont appris que la mairie souhaitait largement limiter et encadrer leur nombre, au moyen d’un appel d’offres..

Il y a donc de bonnes raisons de penser que ces opérateurs jeunes et donc pas forcément bien implantés ont choisi de d’abdiquer définitivement, faute de pouvoir rivaliser avec les mastodontes du secteur déjà bien en place. Et ce malgré leur volonté affichée de reprendre leur activité.

Une bataille à couteaux tirés entre opérateurs à prévoir ?

Parmi ces titans, on peut citer Lime. Leurs trottinettes vertes, immanquables tant elles ont colonisé les rues de Paris, ont été les premières à investir la capitale. Depuis, la licorne originaire d’Oakland, aux États-Unis, a fait des envieux et nombreux sont ceux qui ont voulu tenter leur chance. Parmi eux, on peut citer Uber qui a décidé de se montrer sur ce créneau avec ses trottinettes Jump, bien aidé par sa puissance financière colossale. Pour les plus petits opérateurs, la donne est différente et il était impossible de rivaliser tout en restant viable économiquement. La faute à un marché ultra-saturé, au bord de l’explosion, qui a conduit à la conférence d’Anne Hidalgo le 6 juin dernier intitulée “Trottinettes à Paris : en finir avec l’anarchie”. Il semblerait donc qu’on se dirige bien vers un marché avec un nombre restreint d’opérateurs. Mais pour arriver aux deux ou trois opérateurs souhaités par Anne Hidalgo, il faudra que le jeu des chaises musicales continue encore un peu plus longtemps. Si on ne se fait pas trop de soucis pour Lime (et potentiellement Jump, si Uber souhaite continuer à investir), reste à savoir qui de Bird, Circ, Dott et B-Mobility fera les frais de cette législation.