La France va armer sa prochaine génération de satellites militaires

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Plus tôt ce mois-ci, Emmanuel Macron avait annoncé avoir approuvé la création d’un commandement militaire spécialement dédié à l’espace, qui aura la charge de protéger les satellites et intérêts français hors de l’atmosphère. Il y a quelques jours, le Point annonçait que la Ministre des Armées Florence Parly avait détaillé cette nouvelle stratégie spatiale et abordé le sujet de l’armement des satellites.

La première annonce était celle de la réallocation de 700 millions d’euros de budget militaire à l’espace. D’après le Point , cette somme vient s’ajouter aux 3,6 milliards dédiés à l’espace dans la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2019-2025. Cet effort devrait continuer au-delà de l’horizon 2025 pour atteindre 2,2 milliards de crédits supplémentaires. Lors de son annonce le 13 juillet dernier, le Président avait déjà planté le décor :

Nous renforcerons notre connaissance de la situation spatiale, nous protégerons mieux nos satellites, y compris de manière active.

Cette doctrine de “défense active” va être entérinée d’ici 2030 : les satellites les plus sensibles d’un point de vue stratégique seront équipées pour parer à cette éventualité. La prochaine génération de satellites Syracuse sera ainsi dotée de caméras pour identifier un éventuel agresseur, mais il ne s’agit que d’une première étape : les générations suivantes seront équipées d’un armement en bonne et due forme. On parle ici de projectiles destinés à détruire les panneaux solaires d’un engin agresseur, ou même de lasers qui pourraient aveugler ou détruire un appareil ennemi.

Florence Parly a également fait mention de “nanosatellites” guetteurs, prévus “dès 2023”. Il s’agit d’une multitude de minuscules appareils placés en défense autour d’un appareil sensible. Cet essaim pourrait lui-aussi transporter une charge utile. Le Ministère souhaite aussi se doter de petits lanceurs capable de remplacer très rapidement un satellite endommagé ou détruit. Tous ces dispositifs devraient être opérationnels à l’horizon 2030.

L’armée de l’espace, plus facile à dire qu’à faire

D’après le Point, la difficulté à mettre en place une force spatiale armée n’est pas uniquement technique et logistique, mais également juridique : à l’heure actuelle, l’Armée n’est pas reconnue en tant qu’opérateur satellite. Ce privilège revient au Centre National D’Études Spatiales (CNES). Quelques officiers iront pour cela rejoindre les quelques militaires qui officient déjà au CNES à Toulouse pour se former au maniement des satellites.

Le Point précise également qu’en l’état, une loi de 2008 interdit certaines des actions prévues par ce programme (comme la riposte en cas d’agression d’un satellite). Mais surtout, il ne devrait y avoir aucune modification des traités qui interdisent actuellement de placer des armes de destruction massive (on pense évidemment aux bombes atomiques, mais pas seulement) en orbite. Il n’y a donc “pas de course aux armements spatiaux” à prévoir, d’après le cabinet de la Ministre.

Source: Le Point