Elon Musk suggère une autre piste (que les bombes) pour terraformer Mars

Espace

Par Antoine le

Elon Musk, fondateur de SpaceX, a tempéré sa proposition d’aller effectuer un bombardement atomique au-dessus de Mars. A la place, il semble désormais envisager d’utiliser tout un essaim de miroirs montés sur des satellites.

Suivre Elon Musk, le fantasque fondateur de SpaceX, sur Twitter est une garantie de tomber sur quelques déclarations hautes en couleur. Tôt ou tard, le naturel finit par revenir au galop et le réseau social à l’oiseau bleu est souvent en première loge pour assister à ces séquences en roue libre. Récemment, il nous avait gratifié d’une séquence mémorable, devenue virale, où il déterrait son vieux slogan quasiment devenu un meme : “Nuke Mars !” (“Lâchez une bombe atomique sur Mars !”).

Cette phrase qui semble venir d’un enfant (ou d’un fou furieux) trouve ses origines dans la fascination qu’éprouve depuis toujours l’entrepreneur envers la Planète Rouge. Avec ces bombes, il ne souhaite en aucun cas la démolir, loin de là : Musk est un fervent partisan de la colonisation martienne, un objectif qu’il a toujours revendiqué et assumé à travers sa société SpaceX. L’idée derrière cette formule tapageuse serait en fait de faire exploser des bombes nucléaires à fusion, générant peu de retombées radioactives en continu au dessus de la fine atmosphère de Mars. Cela aurait pour effet de copier l’effet du rayonnement solaire, réchauffant ainsi l’atmosphère martienne sans pour autant la rendre entièrement radioactive. Une idée qui, évidemment, fait de très nombreux sceptiques, autant du côté de la NASA que du public.

Mais il en faut bien plus pour faire renoncer Musk dans sa quête vers le terraforming de Mars. Il y a deux jours, au cours d’une autre discussion sur Twitter, il a annoncé une autre piste. Selon lui, cela pourrait avoir du sens de réchauffer Mars avec des milliers de satellites-miroirs !

Bien qu’il n’ait pas été cité, cette idée vient directement de Rigel Wolda, de l’université de l’Arizona. En 2006, Rigel a gagné un prix de la NASA pour étudier “l’utilisation de miroirs légers, à grande aperture pour terraformer une zone de la surface martienne pour que des humains puissent la coloniser de façon économique”. L’étude de Wolda, publiée ici, est fascinante. Le principe avancé est simple : en déployant de nombreux satellites, équipés de miroirs légers et réorientables, il serait possible de concentrer les reflets de tous ces miroirs en un point de la surface pour le chauffer de façon substantielle – jusqu’à 20°c !

© Rigel Wolda

Wolda est en tout cas convaincu de la faisabilité de son projet : il conclut son étude en expliquant que selon lui, les prérequis en termes d’ingénierie pour chauffer une petite portion de Mars de cette façon ne sont pas hors de portée. Musk et SpaceX ont déjà prouvé leur savoir-faire en matière de déploiement de satellites, même en grand nombre. On comprend donc aisément pourquoi le charismatique gourou de l’entreprise est très attiré par cette solution. Placer des miroirs en orbite a certes moins de chance d’être validé par Michael Bay qu’une explosion nucléaire permanente au dessus de Mars, mais elle a le mérite de se baser sur une technologie déjà accessible et qui semble bien moins hasardeuse et risquée. Reste donc à voir comment évoluera cette question avec l’arrivée du Starship. Il n’est pas interdit d’imaginer que cela aille de paire avec une redéfinition des priorités et que SpaceX parte vers Mars tous azimuts avec des miroirs dans sa besace !

Source: Cnet