Donald Trump « regrette » de ne pas avoir été plus dur avec la Chine

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A l’occasion du G7, Trump a confirmé une nouvelle fois sa volonté d’accentuer la pression sur la Chine dans le cadre de la guerre commerciale qui les oppose.

A l’occasion du G7 ce dimanche, le Président des Etats Unis Donald Trump a lâché une de ces petites phrases dont il a le secret, qui n’a pas manqué de faire réagir. Interrogé sur une éventuelle remise en question de la guerre commerciale avec la Chine, il a répondu avec un “Sure, why not ?” (bien sûr, pourquoi pas?) que beaucoup ont interprété comme un semblant de regret par rapport à la situation. Cette position a pu en surprendre plus d’un, tant ce dernier s’était montré intransigeant à l’égard de ses partenaires commerciaux. Mais c’était mal connaître l’individu : très vite, la secrétaire de presse de la Maison Blanche a tenu à faire passer une petite précision.

Ce n’est pas sa décision de démarrer cette guerre commerciale avec la Chine que Trump regrette… mais de ne pas lui avoir tordu le bas encore plus vigoureusement. « Le président a été interrogé sur d’éventuels regrets suite à l’escalade de la guerre commerciale avec la Chine. Sa réponse a été très mal interprétée. Le président Trump a répondu par l’affirmative – parce qu’il regrette de ne pas avoir monté les tarifs plus haut. » Une façon efficace de doucher les espoirs de ceux qui ont cru voir un semblant de volte-face de l’administration américaine.

Pendant la rencontre, lorsqu’il lui a été demandé si d’autres pays lui avaient demandé d’abandonner sa guerre commerciale, Trump a répondu par la négative avec son aplomb habituel : “Non, pas du tout, je n’ai pas entendu ça du tout”. Une déclaration contredite dans la foulée par Boris Johnson, le Premier Ministre britannique, qui se dit en “faveur d’une paix commerciale”.

Des frictions commerciales à n’en plus finir

Trump campe sur sa position, convaincu de la légitimité des sanctions que son administration inflige à la Chine. Il accuse ainsi la Chine d’être responsable d’un manque à gagner de “milliards de dollars”, et demande aux entreprises et citoyens américains de se ranger derrière lui dans un grand boycott.

Certains n’ont pas manqué de considérer qu’il s’agit d’un aveu de faiblesse : ils considèrent que le président bluffe. Il présente régulièrement ces sanctions comme un moyen de pression ultime, véritable marteau de la justice pour contrer des manœuvres commerciales qu’il considère comme déloyales. Mais plus le temps passe, plus la réaction platonique des autorités chinoises tend à mettre à mal cette image et conforte les détracteurs de Trump dans l’idée qu’il ne dispose en fait d’aucun levier.

En effet, malgré le fait que ce dernier persiste à désigner le gouvernement chinois comme cible des sanctions, ce sont en réalité les entreprises qui importent les produits chinois qui payent la facture. En théorie, cette pression est censée réduire les commandes de produits chinois, impactant ainsi leur économie. Mais à l’heure actuelle, il est difficile d’y voir un quelconque impact dans les chiffres. C’est peut-être ce qui l’a conduit à « regretter » de ne pas avoir cogné plus dur sur la Chine.