Voyager 2 délivre ses toutes premières données sur l’espace intersidéral

Espace

Par Felix Gouty le

La sonde Voyager 2 est le second objet à franchir les limites de notre système solaire. Dotés de multiples instruments de mesure, elle nous dévoile aujourd’hui ses premières données sur l’espace intersidéral.

Crédits : NASA.

Il y a un an, jour pour jour, la sonde de la NASA Voyager 2 quittait notre système solaire. Située aujourd’hui à 18 milliards de kilomètres de la Terre, cette sonde est le second objet envoyé par l’humanité au-delà des frontières du système solaire, dans l’espace intersidéral. Voyager 2 succède à Voyager 1, lancée elle aussi en 1977 et qui a passé la frontière en 2012. Les deux ne se trouvent pas au même endroit : Voyager 1 a profité de la gravité de Jupiter et Saturne, pour assister sa propulsion, tandis que Voyager 2 est passée par Neptune et Uranus – seul objet humain à les avoir approché. Contrairement à sa grande sœur, Voyager 2 semble restée dans le même état qu’à son lancement, ses cinq instruments de mesure fonctionnant toujours à plein régime. Ces derniers sont composés d’un capteur de champ magnétique, deux détecteur de particules énergétiques et deux appareils d’étude du plasma (une sorte de gaz constitué d’atomes chargés). Ainsi, Voyager 2 a pu relever toutes les données nécessaires à la vérification de celles transmises par Voyager 1.

Les premières conclusions issues de ces nouvelles données – compilées dans des études publiées dans Nature Astronomy – concernent principalement le fonctionnement de l’héliosphère. Cette zone forme une enveloppe de plasma émis par le soleil qui sépare notre système solaire, compris à l’intérieur, de l’espace existant entre les autres étoiles voisines. « Les sondes Voyager nous montrent comment le soleil interagit avec la matière contenue dans l’espace entre les étoiles de notre Voie Lactée, explique dans un communiqué Ed Stone, professeur de physique à Caltech et chargé du projet Voyager pour la NASA. Sans les nouvelles données de Voyager 2, nous ne saurions pas si ce que Voyager 1 avait vu était caractéristique de l’héliosphère ou seulement de l’endroit et du temps donné où cette dernière se trouve ». Voyager 2 a notamment confirmé que la force du champ magnétique au-delà de l’héliopause (la limite de l’héliosphère) est similaire à celle de l’héliosphère elle-même, écartant l’éventuelle existence d’un « vide magnétique ». De plus, Voyager 2 a vérifié l’hypothèse émise par les données de Voyager 1 sur la nature du plasma qui compose l’héliosphère et l’espace intersidéral : dans la première, il est plus chaud mais moins dense que dans le second. Ces données méritent néanmoins d’être explorées davantage afin de mieux comprendre le fonctionnement de notre soleil et les propriétés de l’espace intersidéral.