Sans Huawei, Bouygues Telecom et Free en difficulté sur la 5G

Télécom

Par Olivier le

Le déploiement de la 5G en France s’annonce compliqué. Alors que le pays est en retard par rapport à ses voisins européens, la quasi-interdiction d’utiliser des équipements Huawei est un obstacle supplémentaire pour les opérateurs.

Crédit : Daniel Kirsch, Pixabay
Crédit : Daniel Kirsch, Pixabay

Alors que les enchères pour obtenir les précieuses fréquences 5G devraient avoir lieu avant la fin du mois, c’est le branle-bas de combat chez Bouygues Telecom. L’opérateur est en effet très dépendant des équipements Huawei, utilisés pour déployer son réseau 3G et 4G. Il comptait bien s’appuyer sur l’existant pour le développement de son futur réseau 5G.

L’ANSSI veille au grain

Mais l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations (l’ANSSI) a mis le holà. Dans une décision rendue publique début juillet, l’organisme n’interdit pas complètement Huawei, mais les opérateurs qui voudront utiliser du matériel provenant de l’équipementier chinois devront demander des autorisations d’exploitation limitées à huit ans. Et ces autorisations ne seront pas renouvelées…

Pour les opérateurs, il n’y a donc aucun intérêt à s’équiper chez Huawei, puisqu’il faudra remplacer le matériel d’ici 2028, ce qui veut dire démanteler les antennes du constructeur. Bouygues Telecom a toutefois l’intention de se battre, selon L’Expansion : l’opérateur devrait saisir le conseil d’État pour faire annuler le décret qui s’oppose aux équipements Huawei. La tentative pourrait aboutir dans un sens, celui de Bouygues, comme dans celui de l’ANSSI.

Mais en attendant la décision de l’autorité, l’affaire hypothèque le déploiement du réseau 5G de Bouygues qui ne sait pas sur quel pied danser. L’ANSSI a également barré la route du matériel Huawei à Free. L’opérateur n’a pas obtenu le feu vert de l’Agence pour déployer des équipements du constructeur pour son propre réseau.

Free a déploré ce que Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad, qualifie de « différence de traitement ». Malgré les limites imposées aux équipements Huawei, Bouygues Telecom ainsi que SFR ont pu décrocher le feu vert de l’ANSSI. Il s’agit d’une « rupture d’égalité » pour Free. Les premiers forfaits 5G pour le grand public doivent normalement être lancés avant la fin de l’année, mais ces difficultés pourraient repousser le lancement effectif du nouveau réseau.

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