D’ici janvier 2023, les tickets de caisse papier vont disparaître de la circulation. Concrètement, il sera toujours possible d’en demander un exemplaire papier en caisse, mais ces derniers ne seront plus automatiquement imprimés. Une bonne nouvelle pour la plupart des consommateurs, le bout de papier terminant souvent sa course dans une poubelle aussitôt édité.
Votée le 10 février 2020, la loi anti-gaspillage pourrait bientôt acter la mort programmée des tickets de caisse, bons d’achat papier et ticket de carte bancaire à partir du 1er janvier 2023. Le décret encadrant la mise en œuvre de cette mesure est actuellement en consultation au Conseil national de la consommation (CNC), et espère alléger la facture énergétique du pays. Selon Patricia Mirallès, la députée à l’origine de la proposition de loi, il pourrait sauver annuellement 10 600 rouleaux de papier thermique par an et pas commerçant, soit l’équivalent carbone d’un voyage Paris – Montpellier.
Pas forcément plus écolo ?
Vantée par les défenseurs du tout numérique, la mort du ticket imprimé sonne donc comme un geste non négligeable pour la planète. Actuellement, chaque impression nécessite 5 cL d’eau, contre seulement 3 cL pour un format numérique. On peut donc penser que l’initiative est une bonne chose, surtout compte tenu du rapport alarmant formulé par le GIEC il y a quelques semaines. Cependant, le chiffre est à prendre avec précaution : concernant les gaz à effet de serre, c’est le ticket numérique qui arrive en tête, avec 5g par “impression” contre seulement 2g pour un ticket conventionnel, auquel il faut cependant ajouter l’impact lié à la fabrication du papier thermique.
D’autant plus que pour limiter son impact écologique, le ticket de caisse numérique envoyé par mail devra être régulièrement supprimé par le consommateur, sous peine de peser lourd sur les datacenters mondiaux. Ainsi, certains experts préconisent déjà la suppression automatique des tickets virtuels au bout de deux ans, ainsi que l’interdiction de les associer à une démarche marketing, pour réduire leur poids d’envoi et de stockage.
De leur côté, douze associations de consommateurs, parmi lesquelles la CSF, Familles de France, Familles rurales, et l’UFC-Que choisir ont appelé à revoir les modalités de mise en place du ticket numérique. Ils appellent notamment à modifier les textes afin “que le choix d’obtenir un ticket soit systématiquement proposé”.