Neuralink vient de se faire coiffer au poteau. L’entreprise d’Elon Musk spécialisée dans les interfaces humain-machine a toujours eu pour ambition d’implanter ses puces dans des cerveaux s’est jusqu’au présent contenté de cobayes animaux. Un exercice qui n’a pas toujours été couronné de succès : il y a quelques mois, plusieurs associations de protection animale accusaient le milliardaire de laisser mourir ses sujets d’expérimentation dans d’extrêmes souffrances.
Pour le moment, Neuralink n’est pas encore arrivé au stade des premiers tests humains, mais l’un de ses concurrents Synchron vient de le devancer. La firme vient d’inscrire son premier cobaye humain, rapporte le site de Bloomberg. Contrairement à Elon Musk, elle ne prévoit pas d’implanter des microfils directement connectés aux neurones, mais plutôt de passer par les vaisseaux sanguins pour communiquer avec le cerveau. Un parti-pris qui semble rassurer les régulateurs américains. Lancée en 2016, Synchron a obtenu l’accord de la FDA (Food and Drug Administration) en juillet 2021 pour débuter ses premiers essais cliniques sur l’Homme.
Si les premiers essais s’avèrent concluants, il faut sans doute s’attendre à ce que le régulateur donne son approbation pour des tests sur une portée plus large de patients. La commercialisation du dispositif — si elle est validée un jour — ne devrait cependant pas avoir lieu avant plusieurs années. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle étape creuse encore un peu plus l’écart entre les deux sociétés rivales.
Fidèle à ses ambitions, Neuralink n’a pourtant pas dit son dernier mot. L’entreprise a beau ne pas faire l’unanimité auprès des régulateurs, elle se démarque avec des levées de fonds bien supérieures, mais aussi par ses ambitions. Non seulement Elon Musk prévoit de soigner certaines pathologies allant de l’acouphène à la paralysie, mais en plus le milliardaire entend aussi révolutionner les interfaces mixtes, en permettant aux humains de contrôler un ordinateur par la pensée.