Au total, au moins 9 textes de loi américains relatifs à la protection animale auraient été balayés par Elon Musk durant les tests expérimentaux de Neuralink. Lancé en 2016, le projet avait pour objectif d’implanter un dispositif directement dans le cerveau : en plus de mettre un pied dans le trans-humanisme, la société d’Elon Musk ambitionnait aussi d’aider les personnes à se remettre de traumatismes crâniens, de guérir la dépression, et de contrer certaines pathologies mentales. À plus long terme, le but était aussi de réussir à nous connecter à Internet grâce à la seule force de notre cerveau.
Après avoir vanté les progrès de son projet, notamment lors d’une démonstration de force datant de l’année dernière où on a pu découvrir un singe jouer au jeu Pong par la pensée, le fantasque entrepreneur va pourtant devoir patienter avant de faire ses premiers tests sur humains.
Alors que le milliardaire projetait d’implanter ses puces humaines dès cette année, un groupe de défense des droits des animaux, le Physicians Committee for Responsible Medicine (PCRM), alerte aujourd’hui sur les conséquences de Neuralink : “Presque tous les singes qui ont reçu des implants dans la tête ont souffert de terribles effets débilitants sur leur santé”. Dans un dossier de plus de 700 pages qui compilent autopsies et rapports vétérinaires, on apprend également que 15 des 23 singes utilisés comme cobayes sont décédés à l’issue des tests.
Il faut dire que pour implanter ses puces cérébrales, Neuralink devait au préalable percer des trous dans les crânes des primates, causant infections cutanées, vomissements incontrôlés, perte de membres et hémorragies cérébrales.
Une plainte pour maltraitance
Jeudi 10 février dernier, le PCRM a déposé une plainte auprès du département américain de l’Agriculture. L’organisme accuse l’Université de Californie à Davis et Neuralink de 9 violations de la loi sur la protection des animaux, mettant en avant les “souffrances extrêmes” et les nombreuses complications engendrées : “Ces implants hautement invasifs et leur matériel associé, qui sont insérés dans le cerveau après avoir percé des trous dans le crâne des animaux, ont produit des infections récurrentes chez les animaux, compromettant considérablement leur santé, ainsi que l’intégrité de la recherche”.
De son côté, l’Université de Californie n’a pas attendu à répondre. L’établissement qui a stoppé sa collaboration avec Neuralink en 2020 s’est dédouané de toute responsabilité, indiquant simplement : “Nous nous efforçons de fournir les meilleurs soins possibles aux animaux dont nous avons la charge. La recherche animale est strictement réglementée et UC Davis respecte toutes les lois et réglementations applicables, y compris celles du département américain de l’agriculture”.
La société d’Elon Musk ne s’est quant à elle pas encore exprimée.