Dans le sillage des Tesla d’Elon Musk, les véhicules électriques sont devenus les nouveaux chouchous de l’industrie des transports. Depuis quelques années, presque tous les constructeurs automobiles commencent à ajouter des véhicules de ce type à leur catalogue.
Cette grande transition représente l’une des pistes les plus concrètes pour réduire l’impact de l’humanité sur son environnement. Mais pour le moment, le turnover reste beaucoup trop lent pour inverser la tendance à court terme. En attendant, des ingénieurs explorent donc des pistes alternatives, à commencer par celle de l’hydrogène.
Ce mode de propulsion a été identifié il y a des années déjà, notamment par Toyota et Hyundai. Il est particulièrement intéressant pour deux raisons . En premier lieu, il ne nécessite pas d’exploiter des ressources fossiles. De plus, son impact environnemental est largement moins important que celui des moteurs diesel ou essence.
Elle ne s’est pas imposé aussi vite que prévu; mais on observe aujourd’hui un regain d’intérêt pour cette approche à cause de l’urgence climatique qui devient de plus en plus concrète.
Un kit de conversion prometteur sur le papier
Récemment, ce sont des chercheurs australiens de l’University of New South Walses (UNSW) qui ont présenté une avancée très intéressante dans ce domaine ; ils ont réussi à convertir un moteur diesel de série en hybride d’un nouveau genre. Et cette approche pourrait être applicable aux voitures des particuliers
Habituellement, la formule « motorisation hybride » renvoie plutôt à des moteurs électriques qui viennent prendre le relais de moteurs à combustion standard dans certaines situations. Ce nouveau moteur, en revanche, consomme un mélange composé à 90 % d’hydrogène pour 10 % de diesel.
Sur le marché, on trouve déjà des « kits hydrogène » dont la pertinence fait débat ; très vulgairement, ils produisent de l’hydrogène par électrolyse avant de la rediriger vers le moteur pour « modifier la combustion », selon AutoMoto. Mais ce moteur hybride, en revanche, semble bien plus prometteur.
Dans des travaux repérés par Techxplore et publiés dans l’International Journal of Hydrogen Energy, une revue de référence dans ce domaine de niche, ils présentent des chiffres très intéressants ; leur prototype a réduit les émissions de dioxyde de carbone d’un moteur diesel standard de 85,9 %. Il pourrait donc s’agir d’une façon de limiter l’impact du parc actuel pendant la transition, et sans forcer les automobilistes à remplacer leur voiture par un modèle plus propre et plus cher.
De plus, leur invention présente un avantage non négligeable par rapport aux véhicules qui fonctionnent exclusivement à l’hydrogène. En effet, ces derniers nécessitent un très haut degré de pureté. Le problème, c’est même en tenant compte des progrès très importants de ces dernières années (voir cet article), la production d’hydrogène ultra-haute pureté (UHP) est encore un processus industriel assez coûteux.
Ce moteur converti, en revanche, peut fonctionner avec de l’hydrogène moins pur, issu d’autres filières de production bien plus abordables ; il serait donc bon marché, un point très important pour pousser le grand public à adopter ces alternatives. De plus, ce moteur permettrait une combustion 13 % plus efficace qu’un diesel conventionnel.
Dernier avantage, et pas des moindres : cette technologie est déjà assez mature et pourrait arriver sur le marché très rapidement. Les chercheurs de l’UNSW estiment que les premiers véhicules pourraient en être équipés d’ici deux ans.
Même si les véhicules électriques montent en puissance, il conviendra donc de suivre de près l’évolution de cette technologie également explorée par les ingénieurs français de l’IFPEN (voir cet article d’AutoPlus). Cette technologie ne permettra probablement pas aux moteurs diesel de s’inscrire dans la durée; mais offrir une rédemption plus écologique à cette motorisation polluante serait déjà un vrai pas en avant.