Microsoft a mis le paquet pour s’offrir Activision Blizzard et ses nombreuses franchises (Call of Duty, Diablo, World of Warcraft, mais aussi Candy Crush). L’éditeur de Windows, et aussi créateur de la Xbox, veut réaliser une fusion à plus de 68 milliards de dollars ! Au vu du poids des deux entités dans le secteur du jeu vidéo, il était quasiment obligatoire pour les régulateurs de se pencher sur le dossier.
Craintes pour la concurrence
Aux États-Unis, ce projet d’acquisition a motivé une plainte de la FTC (Federal Trace Commission), l’organisation en charge des questions de concurrence. Elle veut tout simplement que la transaction n’aboutisse pas. La FTC cherche à empêcher Microsoft d’oblitérer la concurrence, en particulier sur le streaming de jeux. Une fois Activision absorbé, le Xbox Game Pass pourrait en effet se montrer indépassable.
Et les problèmes sont loin d’être terminés pour Microsoft, puisqu’en Europe aussi, on s’interroge sur le bien-fondé de cette acquisition. La Commission européenne a lancé début novembre une enquête approfondie sur l’opération, ce qui pourrait la faire capoter… Ou tout du moins la retarder de plusieurs mois.
Les joueurs s’emparent également du dossier. Dix d’entre eux se sont regroupés pour porter plainte contre Microsoft. L’acquisition donnerait à Microsoft un trop grand pouvoir dans l’industrie du jeu vidéo, selon la poursuite déposée en Californie. Les plaignants craignent notamment que Microsoft abandonne Call of Duty sur PlayStation, bien que l’entreprise se soit engagée à poursuivre le développement du FPS vedette sur la console de Sony (et même sur la Switch de Nintendo).
Les joueurs ont également peur que Microsoft refuse de faire des jeux sur Mac une fois l’acquisition validée. Il n’est pas sûr que la justice américaine accepte d’instruire la plainte, mais c’est le signe que Microsoft va devoir faire beaucoup de pédagogie pour convaincre que l’acquisition d’Activision Blizzard profitera non seulement à ses actionnaires, mais aussi aux joueurs.