L’annonce promettait de transformer en profondeur l’industrie vidéoludique : depuis déjà plusieurs mois, Microsoft a pour projet de racheter le studio vidéoludique Activision-Blizzard. Une vente estimée à plus de 68,7 milliards de dollars, qui tombe à point nommé pour l’entreprise, en proie à de graves accusations sur la culture de travail et le harcèlement sexuel qu’elle tolèrerait dans ses rangs.
La fusion de deux géants inquiète
En fusionnant avec Activision-Blizzard, Microsoft s’apprêtait à signer une transaction historique : le studio est en effet à la tête de licences parmi les plus populaires du monde, comme World of Warcraft, Call of Duty, ou plus récemment Diablo IV. Un accord entre les deux entreprises pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle ère pour la console Xbox, avec le passage de certains jeux en exclusivité sur la console du géant américain… au grand dam de Sony et de sa PlayStation.
Oui mais voilà : si les deux partis semblent d’accord sur la transaction, la FTC (Federal Trade Commission) en charge des questions antitrust dans le pays a confirmé ce jeudi qu’elle entendait porter plainte pour bloquer une potentielle acquisition. Dans son rapport, l’organisme américain s’inquiète notamment du fait que l’accord “permettrait à Microsoft de supprimer les concurrents”, notamment sur le service Xbox Game Pass.
“Aujourd’hui, nous cherchons à empêcher Microsoft de prendre le contrôle d’un studio de jeux indépendant majeur, et de l’utiliser pour nuire à la concurrence de plusieurs marchés”.
We have been committed since Day One to addressing competition concerns, including by offering earlier this week proposed concessions to the FTC. While we believe in giving peace a chance, we have complete confidence in our case and welcome the opportunity to present it in court.
— Brad Smith (@BradSmi) December 8, 2022
Si Sony s’était déjà opposé à ce projet de fusion, Microsoft a de son côté réitéré son projet de rachat. Le président de Microsoft, Brad Smith a ainsi expliqué sur Twitter l’accord avait justement pour projet de créer de nouvelles opportunités, plutôt que d’étouffer la concurrence. Un peu plus tôt ce mois-ci, le géant américain avait d’ailleurs rassuré le marché, en promettant que certains jeux à succès comme Call of Duty, ne quitteraient jamais le catalogue PlayStation. Le PDG d’Activision Blizzard, Bobby Kotick, a quant à lui indiqué que malgré le refus de la FTC, l’accord était toujours sur la bonne voie.
Notons que la FTC n’est pas la seule à ne pas voir d’un très bon œil le rachat d’Activision par Microsoft. L’Europe aussi, pourrait faire interdire le projet de fusion, toujours pour des questions de monopole.