Lors d’une conférence destinée aux investisseurs qui s’est déroulée hier, Elon Musk a livré quelques bribes d’information sur le prochain véhicule de Tesla. Le milliardaire a notamment annoncé que cette voiture pourra opérer « presque entièrement en mode autonome ». Une information qui serait très enthousiasmante… si Musk n’avait pas déjà fait cette même promesse à plusieurs reprises ces dernières années.
En effet, même si le premier argument de Tesla reste la propulsion électrique, la marque a aussi construit son image sur un éventail de fonctionnalités très modernes. Certaines sont assez anecdotiques, voire franchement de mauvais goût, comme la fonction « flatulence » (voir cet article de Guide Auto Web).
Mais au-delà de ces gadgets, on trouve aussi le fameux FSD, pour Full Self-Driving. Il s’agit d’un système de conduite autonome sur lequel Tesla travaille depuis plusieurs années. Grâce à de gros progrès sur les algorithmes de vision par ordinateur, les Tesla n’ont jamais été aussi proches de pouvoir se conduire toutes seules, ce qui est l’un des objectifs prioritaires de la firme.
Pour cette raison, Musk mentionne systématiquement les progrès du système à chaque allocution devant ses actionnaires. Ces dernières années, il a déjà promis à plusieurs reprises que la version finale du FSD approchait à grands pas. Et à force de rabâcher ce pronostic, il devient assez difficile d’avoir une idée claire de la situation.
Une question de critères
Ce qui est plus clair, en revanche, c’est que la version actuelle est encore assez loin de répondre à ces critères. Pour s’en rendre compte, on peut se baser sur la classification de la SAE, une institution américaine qui participe au développement de normes pour l’automobile et l’aéronautique. Elle a développé une échelle de six niveaux (0 à 5) qui permet d’estimer le niveau d’autonomie d’un véhicule.

Actuellement, les Tesla en sont au niveau 2. Cela signifie que le pilote est assisté par de nombreux outils basés sur le machine learning. En revanche, il conserve le contrôle du véhicule et doit rester alerte en permanence, comme s’il conduisait un véhicule traditionnel.
Un cran au-dessus, on trouve le niveau 3, le premier qu’on pourrait légitimement qualifier d’autonome. Avec une voiture certifiée SEA Level 3, le conducteur peut complètement délaisser les commandes dans la plupart des situations. Mais il peut tout de même être sollicité dans des cas particuliers ; impossible de faire la sieste au volant, par exemple.
Encore plus haut, il y a le niveau quatre, et c’est là que les choses sérieuses commencent. Dans ce cas, le conducteur n’aurait jamais besoin d’intervenir. Peu importe la situation, le véhicule doit être capable de la gérer lui-même tout en garantissant la sécurité des passagers. C’est à partir de ce stade qu’on pourra envisager de vrais véhicules autonomes, comme des taxis sans pilote.
Rendez-vous en 2025
Toute la question, c’est donc de savoir à quoi Musk fait référence lorsqu’il parle de conduite « presque entièrement autonome ». On peut effectivement envisager que le prochain modèle bénéficie d’un FSD de niveau 3. En revanche, il est assez improbable qu’elle ait droit à un système de niveau 4. La marche est extrêmement haute, et il ne sera pas facile de la franchir en quelques années. Car malgré l’empressement caractéristique de Musk, les enjeux techniques et réglementaires restent énormes.
Il conviendra donc de guetter les prochaines annonces sur cette nouvelle voiture. Tesla entend produire un véhicule compact, léger et abordable — et par extension, plus cohérent avec ses objectifs écologiques que ses Model 3, S, Y et X. Il pourrait donc s’agir d’une étape importante pour l’industrie automobile. D’après AutoPlus, ce modèle devrait voir le jour courant 2025, peu après le Cybertruck et le Tesla Semi.