Mickey change de stratégie. Après avoir misé sur une formule unique et un abonnement à un tarif attractif, il est l’heure pour la plateforme de s’aligner sur ses concurrents. Disney+ a déjà appliqué ce changement en Amérique du Nord, il est effectif depuis hier en Europe. Depuis ce 1er novembre, il faut composer avec la publicité et une nouvelle grille tarifaire. Dans un communiqué, l’entreprise détaille les options qui sont désormais proposées à ses abonnés. Il va falloir passer à la caisse pour continuer de profiter d’une expérience Premium.
Un abonnement low-cost
L’arrivée des productions Hulu et FX avait été accompagnée d’une hausse du prix de l’abonnement en France. Alors que l’abonnement unique était proposé à 6,99 euros au lancement de la plateforme en 2020, il faut depuis février 2021 débourser 8,99 euros pour accéder à la plateforme. À ce prix, les utilisateurs pouvaient profiter de quatre écrans simultanés, une qualité HDR et Ultra Haute Définition et un son Dolby Atmos. Cela a changé ce 1er novembre 2023. Toutes ces options seront dorénavant réservées aux abonnés Premium, dont la note s’élève à 11,99 euros par mois. Deux nouvelles formules sont proposées : un abonnement Standard avec pub (5,99 euros par mois), et un abonnement Standard à 8,99 euros par mois.
Pour le premier, il faudra donc composer avec des pages de réclames, une résolution Full HD 1080p et seulement deux écrans simultanés. Côté audio, c’est un son stéréo 5.1 qui sera proposé et pas de téléchargement. De son côté, la formule Standard reprend exactement les mêmes caractéristiques (exception faite du téléchargement), mais s’affranchit de la publicité. Il sera en revanche possible d’économiser quelques euros, en souscrivant pour une année complète sur l’offre Standard. Disney précise que les abonnés ne souhaitant pas changer pour l’une des deux nouvelles formules verront le prix de leur abonnement révisé pour atteindre celui de l’offre Premium.
Pour Jan Koeppen, président de The Walt Disney Company Europe, Moyen-Orient et Afrique, il s’agit “d’une nouvelle étape de l’évolution de Disney+ sur les marchés en Europe : nous offrons ainsi davantage de choix à nos abonnés et de nouvelles opportunités de communication aux annonceurs. Disney+ continue de se démarquer dans le monde du streaming d’aujourd’hui avec une qualité inégalée, des séries iconiques et des superproductions à succès, tout en garantissant une expérience de visionnage simple et fluide”.
- Offre Standard avec publicité à 5,99€ / mois (2 écrans, Full HD 1080p, stéréo 5.1)
- Offre Standard sans publicité à 8,99€ / mois ou 89,90€ / an (2 écrans, Full HD 1080p, stéréo 5.1, téléchargement)
- Offre Premium à 11,99€ / mois ou 119,90 € / an (4 écrans, UHD, Dolby Atmos, téléchargement)
La fin du partage de compte arrive
Pour Disney, l’heure est à la rentabilité. Malgré sa croissance exponentielle depuis 2019, le service de streaming ne rentre pas dans ses frais. Mickey dépense sans compter pour alourdir les rangs de son offre, mais doit désormais trouver une manière de diversifier ses sources de revenus. L’arrivée de la publicité est donc un premier pas vers l’équilibre. C’est ainsi que dans une optique de croissance, le service planche sur une manière de restreindre le partage de compte. Bob Iger a annoncé que les équipes développaient actuellement des outils pour permettre ces restrictions. Plus d’informations devraient être dévoilés au cours de l’année 2023 avant une application en 2024. Disney+ marche dans les pas de Netflix, pour qui ce changement a été particulièrement bénéfique.
C’est l’exode ?
Toutes ces annonces ont été faites lors de la présentation des résultats financiers de l’entreprise en août dernier. Disney accusait une importante baisse de son nombre d’abonnés en Inde, 12,5 millions d’usagers avaient plié bagage. L’entreprise de Burbank se veut néanmoins rassurante. Cet exode est la conséquence directe de la nouvelle stratégie de l’entreprise. Elle veut s’écarter des marchés avec de faibles marges par abonnés.
“Je suis incroyablement confiant quant à la trajectoire de Disney sur le long terme grâce au travail que nous avons fait, l’équipe que nous avons désormais et surtout notre expertise en matière d’excellence créative et de marques et franchises populaires”.