Les retards liés aux malaises voyageurs pourraient bientôt être de l’histoire ancienne. À moins de six mois du coup d’envoi des jeux Olympiques de Paris, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a durci le ton face aux arrêts d’urgence dans le métro parisien. Invitée ce mardi 27 février sur le plateau de BFM Business, elle a confirmé que les malaises ne feraient plus l’objet d’une prise en charge dans la rame. Tout se jouera désormais sur les quais.
Éviter les ralentissements
Jusqu’à présent, les malaises voyageurs faisaient systématiquement d’une prise en charge sur place. Plutôt que de sortir la victime de la rame pour lui laisser le temps de respirer, cette dernière était placée en position latérale de sécurité (PLS), et sa rame arrêtée jusqu’à l’arrivée des secours. Cela impliquait non seulement la mise à pied du métro concerné, mais aussi des suivants, incapables de circuler pendant de longues minutes. Même dans le cas d’une intervention rapide, c’est la ligne toute entière qui subissait d’importants ralentissements. Une situation révolue, explique Valérie Pécresse : “On vient enfin d’avoir la validation d’un protocole Samu. Pour les malaises voyageurs, nous n’arrêterons plus les rames de métro“.
La décision n’est pas anodine, puisqu’elle survient à tout juste quelques mois des jeux Olympiques. Île-de-France Mobilités sait que la fréquentation de ses rames va exploser durant cette période. Une affluence qui, couplée à la chaleur de l’été, risque de faire des dégâts auprès des voyageurs et des voyageuses. Plutôt que d’aggraver la situation en stoppant les rames, mieux vaut anticiper. Le dispositif sera effectif “d’ici à juin, dans le métro et sur les RER B et D côté SNCF“, mais prévoit de concerner rapidement toutes les lignes du réseau RATP.
Les chauffeurs en colère
Si l’annonce soulève évidemment certaines questions pratiques, c’est au niveau de l’éthique que le dispositif pose problème. Pour la simple et bonne raison “qu’aucun conducteur de métro ou de RER ne déplacera une personne victime d’un malaise dans un métro ou un RER“, confirme un représentant syndical FO-RATP au micro de BFMTV. L’organisme dénonce une “annonce politique“, qui occulte la responsabilité des conducteurs en cas de malaise voyageur autant que la faisabilité du protocole. “Je ne vois pas comment des professionnels de la santé peuvent accepter cela. Ça ne dérange personne au niveau de l’éthique ?“.
Pour remédier au problème, Valérie Pécresse a toutefois confirmé la formation des agents RATP et SNCF, à l’occasion de stages qui débuteront “d’ici quelques semaines en lien avec les services de secours, afin de leur permettre d’appeler le Samu et de sortir les voyageurs malades de la rame dès lors que cela est possible“.
Les colis piégés dans le viseur
Autre sujet sensible dans le collimateur de la RATP : les colis suspects. Ces derniers, souvent de simples bagages oubliés par leurs propriétaires, sont, eux aussi,, susceptibles de causer de sérieux ralentissements sur les voies. Or, à cause du plan Vigipirate rouge, il est actuellement impossible de déplacer un colis suspects, par exemple pour le sortir d’une rame afin de l’examiner sur le quai. À l’approche des JO 2024, il faudra donc redoubler d’efforts. Des brigades cynophiles vont être déployées pour lever les doutes en un quart d’heure maximum, partout sur le réseau IDFM, a informé Valérie Pécresse. Pour pallier “l’énorme crise dans les transports en commun” qui sévit actuellement, des conducteurs devraient aussi faire l’objet d’un plan d’embauche massif.