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Arnaque au placement de produits : comment un YouTubeur a fait vendre du poison à des influenceurs ?

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Plusieurs influenceurs ont fait la promotion d’un poison mortel en guise de complément alimentaire, sans jamais vérifier la fiabilité ou la dangerosité du produit.

Après des polémiques persistantes sur le marché de l’influence, mêlant arnaques, placements de produits frauduleux et publicité illégale, la France a enfin légiféré sur le statut des influenceurs. Le 9 juin 2023, la loi dite influenceur a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, en imposant aux créateurs de contenu et à leurs agents des cadres juridiques et légaux. Plus important encore, le texte détaille désormais ce qu’il est possible de vendre ou non au moyen d’un placement de produit. Sur un marché dominé par les “influvoleurs” dénoncés par Booba, c’est le flou juridique qui régnait, avec des placements faisant la promotion de produits illégaux, dangereux ou frauduleux.

On pouvait espérer que l’adoption de la loi influence face évoluer le marché vers davantage de transparence et de responsabilité. D’autant plus que les sanctions mises en place par la DGCCRF s’était voulues plutôt dissuasives, incluant des amendes, des peines d’emprisonnement et da technique du name and shame. Dommage, une récente vidéo publiée hier sur YouTube par le créateur de contenu Simon Puech tire un bilan assez pessimiste de la situation. Dans une expérience réalisée dans le cadre d’une vidéo, le vidéaste assure en effet avoir réussi à faire vendre du poison mortel à plusieurs influenceurs.

Une expérience qui fait froid dans le dos

L’idée est simple, mais redoutable : créer un (faux) complément alimentaire, et solliciter des influenceurs pour un placement de produit. Armé de son produit baptisé BioZin2, et d’un site web factice créé pour l’occasion, Simon Puech met sur pied un véritable “produit miracle” capable d’améliorer les performances sportives, le sommeil, la concentration, mais aussi d’améliorer la qualité des cheveux, des ongles et de la peau. Évidemment, il s’agit d’un produit factice, qui ne contient en réalité qu’un mélange d’eau et de fraises séchées.

Seul problème : au milieu des ingrédients (bidons) détaillés par la marque dans la composition de son produit miracle, on retrouve du soman. Le produit ne vous dit sans doute rien, mais une rapide recherche en ligne permet de réaliser qu’il s’agit d’un gaz neurotoxique organo-phosphoré, réputé 500 fois plus toxique que le cyanure, et mortel pour l’homme s’il est ingéré ou inhalé. Quand un être humain absorbe du soman, il décède dans le quart d’heure qui suit. Pour résumer : le BioZin2 est un poison mortel.

Sur le flacon, la présence de soman est affichée de manière bien visible. Même chose sur le site, ou le poison est décrit comme “très utilisé pendant l’Antiquité par les athlètes romains“, “excellent pour la santé cardiovasculaire” et le “renforcement musculaire“. Après avoir créé son site marchand et le site d’une agence d’influence, le créateur de contenu contacte ensuite des influenceurs pour leur proposer un partenariat commercial, moyennant 500€ et un pourcentage sur le chiffre d’affaires généré.

Les arnaques ont encore de beaux jours devant elles

Malgré une formulation dangereuse, pas de réseaux sociaux et une communication bancale, l’opération cartonne, et plusieurs influenceurs vantent les mérites d’un poison mortel, sans vérifier une seconde la composition du complément alimentaire. Une femme enceinte accepte même de participer à l’expérience, et selon Simon Puech, l’agence factice ne reçoit aucun refus catégorique, pointant du doigt la dangerosité du soman. Même chose lorsque le vidéaste contacte directement des agences, qui sont pourtant censées protéger leurs influenceurs des dérives de certaines arnaques. Encore une fois, jamais la composition du produit n’est vérifiée ou remise en cause.

Après cinq contrats signés, et plusieurs stories envoyées à la marque pour validation, Simon Puech indique avoir mis fin à l’expérience, mais assure qu’il aurait été possible de rallier bon nombre d’autres influenceurs à la cause de BioZin2. Si l’expérience fait froid dans le dos, elle tend à prouver que malgré l’adoption de loi Influence l’année dernière, le marché souffre encore d’un énorme vide juridique.

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