La bureaucratie européenne a discrètement fait un pas vers l’avenir. En mars dernier, la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) a adopté un amendement qui pourrait changer la donne pour tous ceux qui rêvent de faire autre chose que tenir un volant sur l’autoroute. Si tout va bien, Tesla pourrait déployer son système Full Self Driving (FSD) en Europe dès le 26 septembre 2025.
Enfin libres, ou presque
L’amendement autorise ce qu’on appelle pudiquement les « System-Initiated Manoeuvres » (SIM) sur les autoroutes européennes. Derrière ce jargon technocratique se cache une réalité assez excitante : la voiture pourra changer de voie, tourner aux intersections et s’arrêter aux feux rouges sans avoir à lever le petit doigt. Cette modification du règlement 171 de la CEE-ONU a été adoptée lors du Forum mondial WP29 en mars 2025, comme la relevé le site Automobile-Propre.
La date du 26 septembre figure noir sur blanc dans les documents officiels, soit six mois après le vote. Mais attention, les États membres peuvent encore faire la fine bouche et formuler des objections. Heureusement, selon les spécialistes du secteur, il y aurait 95 % de chances que ça passe sans encombre.
Cette évolution marque une sacrée différence avec la réglementation actuelle, qui se contente de « suggérer » des manœuvres comme un GPS poli. Désormais, les propriétaires de voitures équipées pourront enfin lâcher le volant, tout en gardant un œil vigilant sur ce qui se passe. Car oui, ils restent « entièrement responsables de la supervision » — autant dire qu’il ne faudra pas en profiter pour faire une sieste.
La législation s’appliquera dans tous les pays qui suivent les règles de la CEE-ONU : Union européenne, Japon, Corée du Sud et consorts, sauf opposition de dernière minute. Les propriétaires de Tesla qui ont investi dans le pack FSD (près de 8.000 euros quand même !) vont probablement pousser un soupir de soulagement. Certains commençaient sérieusement à se demander à quoi servait cette option hors de prix.
Quelques pays ont déjà autorisé des essais sur route ouverte. On a même pu voir une vidéo d’un trajet sans les mains dans Amsterdam. Avec succès, heureusement. L’harmonisation européenne devrait permettre un déploiement plus cohérent, même si on reste à la traîne derrière les États-Unis et la Chine.
Évidemment, tout ne sera pas rose. Selon The Telegraph, le gouvernement britannique traîne les pieds et s’inquiète des risques liés à ces nouvelles technologies. Les dirigeants préfèrent y aller « par phases », histoire de ne pas se retrouver avec des voitures folles sur les routes. Une prudence compréhensible, surtout quand on voit les déboires de Tesla outre-Atlantique avec son Autopilot.
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