Passer au contenu

10 produits et innovations qui ont marqué 20 ans de culture geek (mais que tout le monde a oublié)

Le modem couinait, Winamp vrombissait, MSN clignotait. Et puis plus rien. Petit inventaire des objets et services geeks qu’on adorait et qu’on ne reverra plus vraiment.

Il suffit de fermer les yeux pour entendre le bruit. Une série de bip-bips stridents qui précédait la connexion à internet. En 2004, le modem 56k était encore le son du quotidien de millions d’internautes. Vingt ans plus tard, le paysage tech a tellement changé qu’on peine à se souvenir de ce qu’on utilisait. Une partie de nos outils, de nos rituels, de nos addictions numériques s’est évaporée, en même temps que les années 2010. Petits anges partis trop tôt, mais qu’on ne regrettera pas forcément.

Le bruit du modem 56k

On commence par lui, évidemment. Ce son de fax traumatisé qui annonçait la connexion à internet est l’un des marqueurs sonores les plus puissants de toute une génération. Dix secondes de grésillements, et on était dans le monde des grands. Aujourd’hui, la fibre ne fait aucun bruit. On a gagné en vitesse, mais on a perdu la sensation physique de se connecter à quelque chose, et la ligne téléphonique inopérable.

Modem 56k
© Canva

Les lecteurs CD et DVD intégrés

Il a disparu sans cérémonie. Apple l’a tué en premier, dès 2008, avec le MacBook Air. Les autres ont suivi dans les années qui ont suivi. On a pleuré, puis on a arrêté d’acheter des CD. Le lecteur optique, qui était encore une évidence en 2004, est devenu un accessoire de puristes, réservé aux cinéphiles et aux audiophiles convaincus. Le genre de curiosité qu’on garde sous le coude pour frimer en soirée, en vantant la qualité d’image supérieure et le fait qu’au moins, le film vous appartient vraiment.

Lecteur Cd
© Canva

Les baladeurs MP3

Apple a abandonné son iPod en 2014, sans annonce ni discours. Le baladeur mp3, objet de toutes les convoitises en 2004, avait déjà perdu la bataille contre le smartphone quelques années plus tôt. On transporte aujourd’hui des bibliothèques entières dans notre poche, mais rien ne remplacera les clés USB à 256 Mo qui permettaient d’écouter un album entier de son artiste préféré dans la cours d’école.

Mp3 Usb
© Canva

Le clavier physique des téléphones

BlackBerry l’a popularisé, Nokia le déclinait dans tous ses terminaux. La frappe physique, les petites touches cliquables, la possibilité d’écrire sans regarder son écran. Tout cela a disparu avec l’arrivée de l’iPhone en 2007 et l’adoption massive des dalles tactiles. Quelques tentatives de réhabilitation ont suivi, mais aucune n’a survécu suffisamment longtemps pour inverser la tendance.

Blackberry Phone
© Canva

MSN Messenger

Il mérite une mention spéciale, non pas pour sa disparition en 2013, mais pour ce qu’il représentait : la première grande agora sociale des geeks. Les statuts personnalisés avec des paroles de chansons mal orthographiées, les nuits à tchatter jusqu’à trois heures du matin, les Wiz et les émoticônes envoyés sans raison valable. Skype l’a absorbé, Teams a remplacé Skype, et les réseaux sociaux ont fait le reste. Mais il faut avouer que la plateforme avait son charme.

Msn
© MSN

MySpace

Facebook a tué MySpace avec une efficacité déconcertante. Avant l’ère Zuckerberg, le réseau était pourtant la plateforme de référence dédiée à la musique indépendante, la personnalisation de profil (souvent catastrophique sur le plan esthétique) et la découverte d’artistes. MySpace existe encore techniquement, mais plus personne n’y va. C’est le Pompéi du web 2.0 : figé dans le temps, magnifique dans sa décrépitude.

Myspace (1)
© MySpace

Les Skyblogs

C’est sans doute la mort la plus française de cette liste. Lancée le 17 décembre 2002 par Pierre Bellanger, la plateforme s’est hissée au septième rang mondial des réseaux sociaux en juin 2008, comptant plus de 21 millions de visiteurs. Trois ans plus tard, elle revendiquait encore 33,5 millions de blogs et 4,5 milliards de commentaires, soit la mémoire numérique quasi exhaustive d’une génération d’ados francophones. Les fonds noirs illisibles, les pseudos en alt-1, les playlists en lecture automatique qui faisaient ramer le navigateur, les déclarations d’amour cryptées à son groupe préféré à grand coup de montages Blingee… Tout ça a définitivement disparu le 21 août 2023 à minuit, rattrapé par la concurrence américaine et l’impossibilité de se conformer au RGPD. La BnF et l’INA ont récupéré in extremis plus de 12 millions de blogs entre août et octobre 2023, archivés à des fins patrimoniales.

Skyblog (1)
© Skyblog

Les livrets de jeux vidéo

Ils étaient illustrés, parfois accompagnés de cartes ou de posters, et on les lisait dans la voiture en rentrant du magasin pour comprendre comment passer un niveau récalcitrant et obtenir un précieux code de triche. La dématérialisation des jeux vidéo et l’arrivée du online compétitif les a rendus obsolètes avant même qu’un éditeur ne prenne la décision officielle de les supprimer. Le dernier grand éditeur à en avoir produit régulièrement, Nintendo, a progressivement abandonné le format au fil des années 2010.

Livret Jeu Video Soluce
© PC Mag

Adobe Flash Player

Il a alimenté les sites de jeux en ligne, les animations absurdes, et une bonne partie de la culture internet des années 2000 et 2010. Steve Jobs l’a condamné en 2010 dans une lettre ouverte restée célèbre. Adobe a officiellement mis fin au support le 31 décembre 2020. Des milliers de petits jeux, d’expériences interactives et de vidéos n’existent plus qu’en archive. L’Internet Archive tente de sauver ce qui peut l’être, avec des résultats inégaux.

Flash Player
© Adobe

Google Reader

La mort de Google Reader en 2013 est encore perçue par certains comme un crime contre la culture numérique. Google l’a tué au nom de la simplification de son catalogue de produits. Les flux RSS existent toujours, mais leur usage s’est considérablement marginalisé. Dommage, on adorait y passer des heures.

Google Reader
© Google

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode