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Stop Killing Games : il n’y a pas que le PSG qui a gagné ce week-end !

La bataille entre les éditeurs et les joueurs vient peut-être de connaître un tournant décisif outre-Atlantique avec une première victoire législative pour l’initiative citoyenne Stop Killing Games.

Depuis que le dématérialisé et, surtout, l’obligation d’une connexion en ligne ont pris le pas sur la vie des joueurs, tout le monde vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête : jusqu’à quand pourra-t-on jouer à notre jeu préféré avant que l’éditeur, faute de moyens humains, matériels, économiques ou d’envie, ne débranche la prise ? Alors que Bungie a récemment affirmé que les jours de Destiny 2 étaient comptés, une initiative populaire avait été créée suite à la coupure des serveurs de The Crew par Ubisoft en mars 2024 : Stop Killing Games.

Pour rappel, le mouvement a pour objectif d’encadrer les décisions pour le moment unilatérales des éditeurs afin que ces derniers ne puissent pas faire ce qu’ils veulent avec leurs titres. Stop Killing Games entend défendre le produit jeu vidéo qui doit s’apprécier au-delà d’une simple « licence d’utilisation », surtout quand il y a eu des acheteurs derrière.

Un combat qui a pris une ampleur internationale jusqu’à atteindre la côte Est américaine où le projet de loi AB 1921, plus joliment appelé « Protect Our Games Act » (évocateur), est débattu depuis des mois à la Chambre des députés de Californie.

Stop Killing Games : il n'y a pas que le PSG qui a gagné ce week-end !
© Stop Killing Games

Un débat qui a pris fin avec une première victoire historique pour les défenseurs de Stop Killing Games avec un vote favorable et plutôt large de 43 voix contre 16. Ce qui a vraisemblablement provoqué, ce samedi soir, de nombreuses scènes de joie parmi la jeunesse parisienne, descendue dans la rue pour fêter l’événement.

Un texte punitif, mais cloisonné

La loi californienne impose ainsi deux obligations majeures aux éditeurs pour tout jeu numérique commercialisé ou revendu après le 1er janvier 2027 :

  • Un préavis d’au moins 60 jours doit être communiqué avant l’arrêt du service en ligne.
  • Une garantie que les acheteurs pourront encore bénéficier d’un accès fonctionnel au dit jeu, peu importe la manière. Cela peut prendre la forme d’une version alternative ou de l’installation d’un patch hors ligne. Si l’éditeur ne peut remplir cette condition, il devra alors procéder à un remboursement.

La loi punira également les boutiques en ligne qui continueront de vendre un titre qui aurait déjà subi une coupure de service et donc qui serait inutilisable. La protection du joueur/acheteur avant tout.

Vous l’aurez compris, la loi exclut les jeux qui ne répondraient pas à certains critères. Déjà, il faut avoir acheté le titre, donc tout ce qui est catalogue d’abonnements comme le Xbox Game Pass ou le PS+ n’est pas pris en compte. De même, les jeux free-to-play ou ceux qui proposent déjà d’être jouables hors ligne sans limite ne rentrent pas non plus dans cette catégorie.

Attention, la victoire n’est pas encore totalement acquise puisque le texte doit continuer son petit chemin législatif avant d’être définitivement adopté et il doit encore recevoir la validation du Sénat puis la signature du gouverneur. Autant vous dire que du côté des éditeurs américains, on n’a pas sorti le champagne et le plus puissant lobby du milieu, l’ESA (Entertainment Software Association), fait déjà valoir les arguments de la violation de la propriété intellectuelle et les risques de sécurité si leurs codes de programmation devaient être rendus publics. Aujourd’hui, une seule question demeure : cette première victoire est-elle le début d’une longue série à travers le monde pour Stop Killing Games ?

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