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Mark Zuckerberg veut mettre une « superintelligence personnelle » entre les mains de tous

Dans un long mémo aux accents philosophiques, Mark Zuckerberg a esquissé sa vision d’un futur où chacun aurait à sa disposition un assistant surpuissant et complètement personnalisé. Mais derrière les grands mots se cache une course au prestige technologique et une certaine frustration du patron de Meta.

Mark Zuckerberg a fini par dévoiler ses ambitions, démesurées, pour l’intelligence artificielle, après avoir dépensé sans compter pour essayer d’attirer les meilleurs profils de la Silicon Valley. Dans un mémo publié ce mardi, le patron de Meta parle d’un avenir où chacun disposera d’une « superintelligence personnelle » capable de l’aider à « devenir la personne qu’il aspire à être ». Rien que ça !

Des stars recrutées pour concrétiser la vision de la « superintelligence »

Le document, très inspiré (et un peu vague), évoque une nouvelle ère d’autonomie et de créativité. « Nous pensons que mettre cette puissance entre les mains des gens leur permettra de l’orienter vers ce qui compte dans leur vie », écrit Mark Zuckerberg. L’idée serait donc de faire de l’IA un outil personnel, presque intime, à rebours des approches industrielles qui misent sur l’automatisation massive.

Mais derrière ce plaidoyer pour une IA « à visage humain », beaucoup verront surtout une tentative de faire diversion. Car les propres modèles de Meta ont bien du mal à convaincre. Llama 4, présenté comme une réponse aux géants du secteur, a été pris la main dans le sac à tricher aux benchmarks. Cette histoire aurait frustré le dirigeant au point de remettre en cause la stratégie open source de l’entreprise.

Pour relancer la machine, Meta a donc sorti l’artillerie lourde. Le géant des réseaux sociaux a finalisé un investissement massue de 14,3 milliards de dollars dans Scale AI, une startup spécialisée dans l’annotation de données et l’évaluation de modèles.

Cette prise de participation permet de faire venir Alexandr Wang, fondateur de Scale, dans l’équipe. Le jeune prodige dirigera le tout nouveau « Superintelligence Lab ». Mark Zuckerberg aurait supervisé personnellement le recrutement de cette « dream team ». Il aurait même convié certains chercheurs à dîner chez lui pour les convaincre, à coups de promesses à sept ou neuf chiffres.

Le mémo est arrivé quelques heures avant les résultats financiers de Meta, alors que l’entreprise doit justifier ses investissements massifs dans l’IA. Surtout, le flou demeure autour de la mission exacte de ce labo — s’agit-il de marquer les esprits, de rassurer les actionnaires, ou les deux ?

Le discours sur l’émancipation personnelle grâce à l’IA tombe en tout cas à point nommé pour un groupe qui cherche à se détacher de sa dépendance à Apple et aux plateformes mobiles. Selon Mark Zuckerberg, « les appareils personnels comme les lunettes […] deviendront nos principaux dispositifs informatiques ». Ça tombe bien : Meta a justement passé les dernières années à miser sur les lunettes connectées.

Reste que, pour l’instant, la fameuse superintelligence reste surtout un concept marketing. Meta promet de l’ouvrir « au plus grand nombre », tout en affirmant qu’il faudra faire attention à ce que l’on choisit de rendre public. Tout cela manque encore cruellement de détails. À ce stade, on ne sait toujours pas ce que ce futur assistant personnel saura faire. Ni quand. Ni pourquoi ce serait Meta — et pas un autre — qui devrait le construire.

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