Meta, la maison mère de Facebook, a signé un gros chèque de 14,8 milliards de dollars pour prendre une participation de 49 % — sans droit de vote — dans Scale AI, une startup californienne qui s’est imposée comme un acteur central du secteur de l’intelligence artificielle. Cette opération est la deuxième plus importante jamais réalisée par le groupe de Mark Zuckerberg, derrière le rachat de WhatsApp en 2014. Mais attention : ce n’est pas un rachat. Du moins, pas officiellement.
Le mercato de Meta
En parallèle de cette prise de participation, Meta accueille dans ses rangs Alexandr Wang, le jeune CEO de Scale AI (28 ans), ainsi que plusieurs employés de la startup. Il prend un poste stratégique au sein de Meta, avec la mission de former une équipe dédiée à la création d’une « superintelligence artificielle ». Il siègera toujours au conseil d’administration de Scale AI, tout en étant soumis à des restrictions d’accès aux données sensibles de l’entreprise.
Ce montage évite à Meta un examen antitrust formel de la part des autorités américaines, qui ne peuvent généralement intervenir que dans le cadre d’une acquisition impliquant une prise de contrôle directe. Néanmoins, la manœuvre pourrait tout de même être examinée, notamment si elle est perçue comme un moyen de contourner la loi.
Le deal soulève des questions dans l’industrie. En interne, certains clients de Scale AI, comme Google, ont déjà coupé les ponts en réaction à la présence de Meta. D’autres envisagent de prendre leurs distances, ils craignent une fuite d’informations ou une dépendance trop marquée vis-à-vis d’un concurrent.
Depuis le lancement de ChatGPT, les grandes entreprises tech cherchent à combler leur retard en IA. Faute de temps et de souplesse interne, elles préfèrent aujourd’hui repérer les talents prometteurs dans les startups et les attirer à coups d’offres mirobolantes. Meta aurait proposé des salaires allant jusqu’à neuf chiffres pour débaucher des profils clés chez Google et OpenAI.
Malgré des moyens colossaux, le géant des réseaux sociaux peine à s’imposer comme un leader de l’IA face à des rivaux comme OpenAI, Google ou encore DeepSeek. Le lancement des modèles Llama 4, en avril dernier, a déçu les développeurs : seules deux versions allégées ont été mises en ligne, tandis que le modèle « Behemoth », censé rivaliser avec les ténors du marché, reste toujours en coulisses.
Selon plusieurs sources internes, Mark Zuckerberg aurait lui-même freiné la publication de ces modèles : il doutait en effet qu’ils soient à la hauteur. Ce retard a provoqué des réorganisations en interne, une perte de confiance et un basculement des priorités stratégiques : le laboratoire de recherche FAIR, historiquement central chez Meta, a été mis en retrait au profit d’équipes plus orientées produit.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.