Passer au contenu

Prime Video trompe-t-elle les consommateurs ? La plateforme saisie par la justice

La plateforme américaine est visée par une action collective. En cause ? L’utilisation de termes qui pourraient tromper ses clients sur ce qu’ils obtiennent vraiment lorsqu’ils “achètent” un titre.

Sur Prime Video, il n’y a pas que le catalogue offert pour toute souscription d’un abonnement. Depuis ses débuts, la plateforme est aussi une interface pour la location et l’achat de titres sous licence. Cela comprend le plus souvent les films et séries dont la plateforme a obtenu les droits uniquement pour une location ou un achat numérique. Reste que le terme “achat” fait débat… Il est au cœur de la plainte déposée par un collectif de consommateurs. Selon The Hollywood Reporter, une action collective a été déposée devant un tribunal fédéral de Washington contre Amazon pour “appât et échange”.

Selon la législation américaine, cette fraude utilisée principalement dans le commerce de détail, consiste à appâter le client en annonçant un produit ou un service à bas prix. Puis, lorsque le client effectue la transaction, il découvre que celui-ci n’est plus disponible et est invité à acheter un produit similaire pour plus cher.

Concrètement, les plaignants avancent que si Prime Video promet l’achat d’un film via sa plateforme, il s’agit finalement plus d’un achat temporaire. En effet, dans l’éventualité où la licence de la plateforme viendrait à expirer, les détenteurs du titre devraient se contenter d’une autre version ou même carrément se passer du film ou de la série qu’ils ont acquise.

Vous achetez Le Seigneur des anneaux : le Retour du Roi dans sa version longue mais les droits expirent et vous vous retrouvez avec la version amputée de ces scènes additionnelles ou même carrément de tout le film si ce format n’est pas disponible.

Une nouvelle affaire

Dans ses conditions d’utilisations, le géant du divertissement et du e-commerce précise :  “Vous recevez une licence pour la vidéo et vous acceptez nos conditions”. Concrètement, l’achat sur Prime Video consiste en l’achat d’une licence d’usage qui peut arriver à expiration. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce point fait l’objet d’une action en justice. En 2020, des utilisateurs l’avaient déjà portée devant les tribunaux. Amazon avait alors argué que l’utilisation du terme “acheter” n’était pas trompeuse puisque les clients sont conscients que leurs transactions sous soumises à des licences.

Mais des changements de réglementation renforcent la légitimité de cette nouvelle plainte. Une loi californienne est entrée en vigueur cette année et interdit la publicité d’une transaction comme “achat” à moins qu’elle n’offre une propriété illimitée du produit. Dès lors, les vendeurs doivent obtenir une attestation qui stipule que les acheteurs sont conscients qu’ils obtiennent en réalité une licence limitée dans le temps.

Le problème des contenus dématérialisés

La plainte soulève une question que se pose déjà l’industrie vidéoludique depuis un moment. Tandis que le format physique est abandonné au profit des titres dématérialisés, le flou entourant la notion d’achat grandit. C’était déjà cette notion qui était au cœur de la fermeture des serveurs de The Crew.

En 2024, Ubisoft avait retiré le titre vidéoludique des bibliothèques Ubisoft Connect des détenteurs d’une licence. Ubisoft avait proposé un remboursement intégral à tous les joueurs ayant récemment acquis le jeu. Celles et ceux qui en profitaient depuis sa sortie en 2011 étaient néanmoins exclus de l’opération.

L’issue du procès intenté contre Prime Video pourrait marqué un précédant pour l’industrie et la mise en place de nouvelles mesures pour assurer une signalétique claire concernant l’achat de contenus dans leurs versions numériques. Livres, films, séries ou même jeux vidéo, les “achats” en ligne ont finalement plus à voir avec une location longue durée qu’un véritable achat.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode