Donald Trump a de nouveau décroché le jackpot face aux plateformes qui l’avaient évincé à la suite du 6 janvier 2021. Google, maison mère de YouTube, a accepté de régler 24,5 millions de dollars pour clore une procédure lancée par le président américain et plusieurs organisations conservatrices.
Le dernier chèque de la tech pour Trump
Selon les documents judiciaires cités par le Wall Street Journal, 22 millions de dollars seront versés au Trust for the National Mall, une fondation qui finance notamment la construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche. Les 2,5 millions restants iront à d’autres plaignants, comme l’American Conservative Union ou encore la militante conspirationniste Naomi Wolf.
La somme surprend par sa précision : 24,5 millions, et non 25. En réalité, Google voulait se positionner sous le montant payé par Meta, qui avait consenti à un accord de 25 millions de dollars en janvier. De son côté, X (ex-Twitter) avait bouclé un arrangement similaire en février, pour environ 10 millions. Donald Trump, qui ne manque pas une occasion de s’ériger en victime de « censure », s’est félicité de cette « victoire massive » sur sa plateforme Truth Social. Depuis la restauration de son compte YouTube en mars 2023, il y diffuse de nouveau extraits de meetings et clips de campagne.
Ce qui étonne dans cette série de règlements, c’est que les entreprises n’étaient plus tenues de payer. Les plaintes avaient été rejetées par les tribunaux : celle visant Twitter en 2022, celles contre Meta et YouTube l’année suivante. Mais une fois l’accord conclu avec X, les avocats de Trump ont relancé les autres dossiers, obtenant ainsi des concessions supplémentaires.
En février 2023, Meta avait rouvert le compte Facebook de Donald Trump, suivi par YouTube un mois plus tard. Elon Musk, fraîchement propriétaire de Twitter, avait lui rétabli l’accès dès 2022. Derrière ces chèques se cache une logique avant tout politique. Les grandes plateformes préfèrent solder ces affaires plutôt que de risquer de nouvelles pressions de la Maison-Blanche.
Les plateformes vont même plus loin : YouTube a récemment annoncé la réactivation de comptes fermés pour « désinformation répétée », au nom d’un nouvel équilibre avec les « voix conservatrices » qu’il dit vouloir préserver dans le débat public.
Au-delà des réseaux sociaux, l’hôte de la Maison Blanche engrange des compensations tous azimuts. Paramount, maison mère de CBS, a accepté de lui verser 16 millions de dollars pour mettre fin à une plainte jugée farfelue concernant une interview de Kamala Harris diffusée dans l’émission 60 Minutes. Ce règlement est intervenu alors que Paramount cherchait à obtenir le feu vert pour sa fusion avec Skydance, ce que l’animateur Stephen Colbert n’a pas hésité à qualifier de « pot-de-vin ». Son émission sera d’ailleurs arrêtée au printemps, à la fin de son contrat…
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