Alphabet, la maison mère de YouTube (et de Google), a confirmé qu’un petit nombre de créateurs bannis pour désinformation sur le COVID-19 ou les élections américaines pourront tenter de revenir sur la plateforme. La plateforme lance un programme pilote présenté comme une initiative de « seconde chance ». Concrètement, certains créateurs précédemment supprimés pourront demander la création d’une nouvelle chaîne, mais sans récupérer leurs anciennes vidéos, leurs abonnés ou leurs statistiques.
Un retour très encadré
« Notre objectif est d’étendre ce programme aux créateurs éligibles au cours des prochains mois », indique YouTube. « Nous allons examiner chaque demande avec prudence et apprendre au fur et à mesure. » Le groupe précise que toutes les suspensions ne seront pas concernées : les cas de violations graves ou répétées, ou les activités jugées nuisibles « sur ou en dehors de la plateforme », resteront exclus. Les infractions liées aux droits d’auteur ne donneront droit à aucune réintégration.
Cette prudence de YouTube est vraiment remarquable, car dans sa lettre envoyée à la commission judiciaire américaine le 23 septembre dernier, l’entreprise avait multiplié les promesses grandiloquentes. Elle affirmait ainsi noir sur blanc que « YouTube offrira la possibilité à tous les créateurs de revenir sur la plateforme si leurs chaînes ont été supprimées pour des violations répétées des politiques sur le COVID-19 ou l’intégrité des élections qui ne sont plus en vigueur ».
Or, le texte dévoilé cette semaine ne mentionne plus explicitement ces thématiques sensibles et introduit au contraire la notion de « créateurs qualifiés », sans la définir. Les figures d’extrême-droite complotistes Alex Jones et Nick Fuentes, qui avaient tenté de recréer un compte après la publication de cette lettre, ont d’ailleurs été immédiatement supprimées à nouveau, preuve que le retour des bannis reste très encadré.
Même pour les rares admis, YouTube ne réactivera pas les anciennes chaînes : la seule option est de repartir de zéro. Cette approche traduit la volonté de Google de limiter les risques politiques tout en répondant à la pression des élus républicains proches de Donald Trump, qui dénoncent depuis des mois la soi-disant « censure » de certains courants extrémistes.
La plateforme ne précise ni combien de créateurs seront concernés, ni de calendrier précis. Le geste reste donc avant tout symbolique, une façon pour YouTube de montrer qu’il entend « réévaluer certaines décisions passées » sans pour autant rouvrir les vannes d’une modération plus laxiste.
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