Le 10 juin dernier, Build A Rocket Boy, le jeune studio de jeux vidéo, fondé par Leslie Benzies, l’ancien producteur de la licence Grand Theft Auto sortait son tout premier jeu : MindsEye.
L’attente était immense, étant donné que Leslie Benzies était à la tête du studio Rockstar North entre 2000 et 2016 et qu’il a grandement participé et contribué au développement de tous les jeux GTA, de GTA III en 2001 à GTA V en 2013. Hélas, très vite, tous les signes semblaient indiquer que le titre courrait à la catastrophe.
Entre la communication très (trop) discrète et aléatoire, l’absence de previews, les premiers retours très mauvais, contesté par le studio qui n’a pas hésité à faire de la diffamation, MindsEye est sorti dans un climat très instable. Aucune version test n’avait été envoyée aux médias spécialisés, et nous avons très vite compris pourquoi, lorsque nous avons pu découvrir, de nous même le titre. N’hésitez pas à lire ou relire notre test juste ici.
Entre retards techniques, innombrables bugs, instabilités et bien d’autres problèmes, MindsEye est un fiasco total. Peu de temps après la sortie du jeu, le studio licenciait de nombreux employés. Au début de l’été, Build A Rocket Boy et Leslie Benzies continuaient de patauger, refusant d’admettre leurs erreurs. Le dirigeant du studio accusait une nouvelle fois des personnes, à l’intérieur et à l’extérieur du studio, d’être à l’origine du sabotage et des mauvais retours. Il confirmait que Build A Rocket Boy allait se relever, mais que de nouveaux licenciements allaient également toucher les équipes.
Aujourd’hui, ce sont une centaine d’ex-employés et de salariés actuels qui attaquent la direction dans une lettre ouverte pour dénoncer les nombreux problèmes de toxicité.
Build A Rocket Boy : le management toxique de Leslie Benzies

Il y a quelques jours, 93 employés et ex-salariés de Build A Rocket Boy ont adressé une lettre ouverte à la direction exécutive du studio pour dénoncer un « manque de respect et de mauvais traitements de longue date » envers le personnel.
La lettre confirme que ce sont entre 250 et 300 employés qui ont été licenciés suite à la sortie désastreuse de MindsEye. La lettre confirme que ce fiasco et ces licenciements sont les conséquences du manque d’écoute de la direction. Pendant de nombreuses années, les dirigeants de Build A Rocket Boy ont systématiquement refusés l’échange et le dialogue avec les équipes qui avertissaient sur les soucis du développement du jeu. Cela a conduit à « l’un des pires lancements de jeux vidéo de cette décennie ».
La lettre aborde également des heures de travail insoutenables avec huit heures d’heures supplémentaires obligatoires par semaine, avec des heures qui devaient être récupérées sous forme de repos à raison de sept heures rendues pour huit heures travaillées. De nombreux employés n’ont jamais pu récupérer ces fameuses heures. La lettre souligne également les conditions chaotiques dans lesquelles les employés ont été remerciés par l’entreprise.
Pendant des années, vous avez attendu de lui [ndlr : le personnel] qu’il s’adapte à tous vos caprices, ceux qui n’étaient pas d’accord étant réduits au silence ou écartés. Nous estimons que vous avez constamment mal géré le processus de licenciement, provoquant confusion et détresse parmi l’ensemble du personnel. Des employés ont reçu de fausses informations, se sont vu remettre des lettres de licenciement avec des préavis erronés, et ont été affectés dans de mauvaises équipes, si bien que leurs performances ont été évaluées par les mauvaises personnes. Ces erreurs, ainsi que d’autres, ont potentiellement conduit au licenciement abusif de dizaines de membres du personnel.
Extrait de la lettre ouverte des employés et ex-salariés de Build A Rocket Boy
Cette lettre a donc pour but de dénoncer tous les problèmes liés à la gestion des équipes et du studio. Mais également pour exiger des excuses publiques du studio. Des employés licenciés demandent également une indemnisation adéquate, ainsi qu’un préavis ou un paiement compensateur pour les employés restants. La lettre demande également la reconnaissance officielle de l’IWGB (l’Independent Workers of Great Britain) en tant que syndicat. Et enfin, chose importante, la lettre demande au studio de mettre en place des partenaires externes officiels pour redresser la barre et en finir avec la toxicité.
- Des excuses publiques pour cette maltraitance des employés et une indemnisation adéquate pour les salariés licenciés.
- La possibilité pour les employés restants et en cours de licenciement de soit effectuer leur préavis, soit recevoir un paiement compensateur (PILON)
- Un effort concerté, concret et documenté pour améliorer les conditions et les processus au sein de l’entreprise, incluant la reconnaissance de l’IWGB en tant que syndicat.
- Un engagement à faire appel à des partenaires externes officiels pour gérer tout futur licenciement et prévenir tout traitement injuste.
Extrait des souhaits demandés par les employés et ex-salariés de Build A Rocket Boy
La fin de la lettre est directement destinée à Mark Gerhard, le codirecteur général, et Leslie Benzies, le fondateur du studio qui n’ont cessé de qualifier les employés de Build A Rocket Boy comme une grande famille. Les employés et ex-salariés demandent aux deux hommes si c’est de cette façon qu’ils traitent les membres de leur famille.
Pour le moment, le studio et la direction de Build A Rocket Boy n’a pas réagi. Suite à la sortie désastreuse du jeu, IO Interactive, le partenaire d’édition de MindsEye a annoncé la fin de leur filiale d’édition de jeux. Depuis la sortie de MindsEye sur PS5, Xbox Series X/S et PC en juin, toutes les mises à jour correctives n’ont pas encore été déployées. Bien qu’une grande partie des soucis ont pu être résolus, le jeu n’est toujours pas totalement stable.
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