L’histoire du jeu vidéo est faite de rivalités mythiques. Celle qui opposait Atari et Intellivision au début des années 1980 fait partie des plus emblématiques. Plus de quarante ans plus tard, les deux noms se retrouvent… mais du même côté. Atari a en effet annoncé le lancement de l’Intellivision Sprint, une réédition compacte de la console lancée en 1980, avec un look soigneusement fidèle à l’originale : façade imitation bois, forme rectangulaire et pavé numérique sur les manettes.
Atari ranime un pan de l’histoire du jeu vidéo
Sous cette esthétique vintage, la Sprint cache des composants bien plus modernes. Les manettes sont désormais sans fil et la machine se branche à n’importe quel téléviseur via HDMI. Surtout, 45 jeux intégrés rappellent les grandes heures du catalogue Intellivision : des titres de sport et de stratégie, Boulder Dash ou encore Space Armada, clin d’œil évident à Space Invaders. Chaque jeu reprend le concept culte des inlays — ces petites cartes à glisser sur la manette pour afficher les commandes spécifiques à chaque titre.

Vendue 139,99 €, la console est disponible en précommande et sera livrée à partir du 5 décembre. Atari promet un produit fini, loin des vaporwares qui ont souvent terni le retour des marques rétro. Difficile de ne pas comparer cette renaissance à celle, bien plus chaotique, de l’Intellivision Amico, un projet annoncé en 2018 et toujours enlisé. Prévue comme une console familiale moderne dédiée au jeu coopératif, l’Amico n’a jamais vu le jour faute de financements.
Confronté à cette impasse, Intellivision a tenté un virage improbable avec l’application Amico Home, censée recréer l’expérience de la console sur smartphone. Le concept : un appareil Android relié à la télé sert d’écran, un autre de manette. Deux jeux seulement y sont proposés – des versions modernisées de Missile Command et Astrosmash –, vendus 15 $ pièce malgré leur statut encore en bêta.
En rachetant l’an dernier la marque Intellivision, Atari met fin à la toute première guerre des consoles de l’histoire. Un clin d’œil plutôt savoureux (ou triste pour les vieux fans) : l’ancien rival devient aujourd’hui un produit dérivé du vainqueur. L’entreprise décrit cette relance comme un « hommage à un pan fondateur du jeu vidéo », tandis que son partenaire Plaion a retenu les leçons des rééditions Atari 2600+.
Si la console n’acceptera pas les vieilles cartouches physiques, elle permettra de charger ses propres sauvegardes via USB, et se présente avant tout comme un objet de collection pour amateurs de rétro. Bref, un petit morceau d’histoire vidéoludique remis au goût du jour, avec un brin d’autodérision et beaucoup de nostalgie.
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