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Tinder : cette nouvelle fonctionnalité est très inquiétante

Tinder teste une nouvelle fonctionnalité qui lui donne accès à toute votre galerie photo.

Le monde du dating sur les applications va peut-être changer du tout au tout. Tinder s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle au cœur de ses algorithmes. La maison mère Match Group a annoncé le test d’une fonctionnalité baptisée “Chemistry” qui promet de mieux comprendre les utilisateurs afin de leur proposer des partenaires plus compatibles. Derrière cette ambition se cache toutefois un procédé pour le moins intrusif. En effet, l’IA pourra, avec votre autorisation, analyser les photos présentes sur votre galerie personnelle.

Officiellement, cette nouveauté vise à lutter contre ce que les américains appellent la “swipe fatigue”, cette lassitude bien connue des utilisateurs qui enchaînent les profils sans jamais trouver de connexion réelle. L’IA posera des questions interactives pour cerner la personnalité de l’utilisateur, tout en s’appuyant sur les images enregistrées dans son téléphone pour affiner ses suggestions. En clair, votre bibliothèque d’images deviendrait un échantillon censé refléter vos goûts, vos activités ou même vos traits de caractère.

Qu’en est-il de vos données personnelles ?

Mais aussi séduisante qu’elle puisse paraître sur le papier pour ce qu’elle promet, cette idée soulève d’importantes questions de confidentialité. Donner accès à sa galerie photo, un espace souvent intime où cohabitent les souvenirs personnels, les visages d’amis ou de famille et même des documents privés, revient à offrir à Tinder un aperçu complet de sa vie pas seulement numérique. Même si l’entreprise assure que cette fonctionnalité est entièrement optionnelle, on peut s’interroger sur les limites entre consentement et pression implicite. Combien d’utilisateurs accepteront par curiosité, sans réellement mesurer la portée de ce partage ou lire les conditions d’utilisation de cette option ?

L’histoire récente du numérique a déjà montré les dérives possibles d’un tel accès. Les photos et leurs métadonnées sont des mines d’informations mettant à découvert votre localisation, vos habitudes, votre environnement, voire vos relations sociales. Qu’adviendra-t-il de ces données une fois analysées ? Seront-elles stockées, utilisées pour entraîner d’autres modèles d’IA, ou vendues à des partenaires publicitaires ? Tinder ne le précise pas pour le moment.

Toujours en test

Ce qui inquiète surtout, c’est le contexte dans lequel s’inscrit cette initiative. Les applications de rencontre sont déjà des réservoirs de données sensibles. Ajouter à cela une IA capable d’interpréter les images de votre téléphone revient à brouiller encore un peu plus la frontière entre vie privée et le profilage algorithmique pour des enjeux qui ne devraient pas demander autant de risques.

Le test de Chemistry débute actuellement en Australie et en Nouvelle-Zélande, avant un déploiement progressif dans d’autres pays. Tinder promet une expérience plus fluide et personnalisée, mais à l’heure où la méfiance envers les IA s’accroît, cette promesse a un goût amer.

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