Selon le Manuel MSD : « Le vieillissement affecte toutes les parties du système nerveux […] », dont, évidemment, notre cerveau, qui souffre, à terme, d’une « réduction des fonctions cérébrales ». Pertes de mémoire, diminution des performances intellectuelles, déclin du vocabulaire, système nerveux moins efficace provoquant la perte de réflexes : autant de symptômes qui peuvent survenir à mesure que l’on vieillit.
S’ils ne touchent pas tout le monde à la même intensité et à la même fréquence, il est possible de relier ces problèmes liés au vieillissement à des origines communes. C’est ce que nous apprend cette vaste revue menée par des chercheurs affiliés au Massachusetts General Hospital, qui vient d’identifier 17 comportements et conditions de santé qui, ensemble, pèsent lourdement sur la vitalité de notre organe cérébral. Elle vient d’être publiée dans la revue Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry ; une piqûre de rappel toujours bonne à prendre.
Le top 17 des facteurs de risque qui accélèrent le déclin du cerveau
Selon les auteurs, « jusqu’à 60 % des AVC, 40 % des démences et 35 % des dépressions tardives pourraient être évités » si certains facteurs de risque étaient mieux contrôlés. Pour établir cette hiérarchie, les chercheurs ont passé en revue 182 méta-analyses afin de quantifier l’influence exacte de ces 17 facteurs influencent sur la dégradation du cerveau avec l’âge.
Chaque facteur a été mesuré par le même indicateur, le coefficient β, calculé à partir du nombre d’années de vie perdues à cause d’une maladie (Disability-Adjusted Life Years ou DALY). Une façon de comparer directement l’impact de chaque risque sur le cerveau. Plus le facteur β est élevé, plus le risque associé contribue à fragiliser le cerveau avec le temps. Il s’étend de -90 (effets protecteurs) +130 (risque maximal).
En tête du classement figurent trois affections métaboliques : l’hypertension artérielle (β = 130), les maladies rénales chroniques (β = 101) et l’hyperglycémie à jeun (β = 94). Lorsque le système cardiovasculaire et les reins sont en difficulté, cela se répercute très fortement sur le cerveau. À ces trois conditions s’ajoutent l’obésité (β = 70) et un taux de cholestérol total élevé (β = 22), deux indicateurs prouvant que le métabolisme de l’organisme est déréglé, et que les vaisseaux cérébraux en souffrent.
Outre ces causes biologiques, d’autres facteurs, liés à notre mode de vie, pèsent aussi dans la balance, même si leur facteur β est moins élevé. Le tabagisme (β = 91) et des perturbations du sommeil excessives (β = 76) sont en tête de cette catégorie, suivis par la perte auditive (β = 60), les symptômes dépressifs (β = 57), le stress chronique (β = 55) et l’isolement social (β = 53). Plus bas se situent la mauvaise alimentation (β = 51), les douleurs chroniques (β = 42), et une consommation excessive d’alcool (β variant selon les doses ingérées, avec une moyenne de 39).
Plusieurs facteurs protecteurs, lorsqu’ils manquent à l’appel, contribuent aussi au déclin cérébral. Le manque de stimulation intellectuelle (β = −91), d’exercice physique (β = −56) ou l’absence de but dans la vie (β = −50) sont trois conditions identifiées comme risquées pour le cerveau.
Finalement, notre cerveau est à notre image, ou en tout cas à l’image de notre mode de vie ; nous payons pour nos excès, et nous récoltons les fruits de nos bonnes habitudes. Toutefois, admettons-le volontiers : tenter de vivre parfaitement est un travail à temps plein, et même si nous avons l’impression d’y parvenir, ce n’est en rien une garantie de la jeunesse éternelle. Les auteurs précisent d’ailleurs dans leur étude : « Notre approche repose sur des mesures agrégées qui généralisent intrinsèquement les résultats à diverses populations et études, masquant des nuances importantes, telles que les différences d’effets des facteurs de risque basées sur des sous-groupes démographiques ». La science peut bien mesurer des tendances, mais ne peut en aucun cas prédire notre destin, et reste bien incapable d’anticiper les singularités biologiques individuelles. Tant mieux, n’est-ce pas ?
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