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Travailler 12 heures de plus chaque année : le Sénat valide un amendement ultra-sensible

Le 22 novembre 2025, le Sénat a voté un amendement porté par le sénateur centriste Olivier Henno, qui prévoit d’augmenter la durée légale annuelle du travail de 1607 à 1619 heures par an.

Ce week-end, le Sénat a relancé un débat hautement sensible. Le sénateur centriste Olivier Henno a fait adopter un amendement visant à rallonger la durée annuelle du travail de 12 heures. Sur le papier, cette augmentation ne représente que 15 minutes par semaine, soit 3 minutes de travail supplémentaires par jour. Une mesure symbolique qui ne toucherait pas aux 35 heures hebdomadaires, mais vient relancer le débat sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

À quoi ça sert ?

Officiellement, la mesure vise à générer davantage de richesses pour renforcer le financement de la Sécurité sociale. L’amendement a été adopté par 199 voix contre 135, grâce à l’alliance de la droite et du centre, mais il suscite une vive opposition politique et sociale.​ D’abord parce que le texte, déposé dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, n’impose pas de modification directe des horaires hebdomadaires, laissant aux partenaires sociaux le soin de s’organiser pour sa mise en œuvre. Selon ses auteurs, cette mesure pourrait générer plus de 10 milliards d’euros de cotisations et taxes supplémentaires par an, sans augmenter les impôts ni toucher aux droits. sociaux des travailleurs.

À gauche, les critiques soulignent le risque d’accroître les écarts entre les salariés capables d’adapter leur rythme grâce au télétravail et ceux pour qui chaque minute travaillée implique une fatigue physique supplémentaire. Même le gouvernement se montre réservé sur le sujet. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a jugé la démarche “inappropriée” dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, en refusant de valider cette voie dans le contexte actuel, estimant que la question mérite un débat à part entière.​ Le texte doit encore être validé à l’Assemblée, mais la probabilité que cette mesure entre en vigueur reste très faible, faute de compromis. L’opération n’est d’ailleurs pas sans rappeler la tentative de François Bayrou, qui pendant ses fonctions de Premier ministre, avait suggéré la possibilité de supprimer deux jours fériés. Une remise en cause symbolique des acquis sociaux qui aura bien du mal à passer dans le débat public.

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