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The Boys : on a relu les comics et la série a manqué une grosse occasion…

Plus d’une semaine après le final de The Boys, on digère encore le départ de nos héros du petit écran. On a donc profité d’une accalmie pour relire les comics de Garth Ennis… et Eric Kripke a manqué occasion de surprendre vraiment son public.

Eric Kripke ne s’en est jamais caché, son adaptation des comics de Garth Ennis a pris des libertés pour mieux traduire une époque contemporaine polarisée. Malgré lui, le créateur a fait de sa série le miroir d’une société états-unienne divisée, en proie à une véritable crise politique. Il a aussi fallu réduire la voilure sur le trash et repenser certains personnages… voire carrément en inventer de nouveaux.

L’ajout de Firecracker et Sister Saga a été particulièrement bénéfique aux saisons 4 et 5, permettant à la série d’amplifier sa satire et de redistribuer les cartes à l’approche du grand final. Si dans le second cas la fin du voyage est plutôt décevante, il a fallu rééquilibrer le combat en lui supprimant ses aptitudes, force est d’admettre que la plupart des choix d’adaptation ont été judicieux. Mais le créateur a manqué une véritable occasion de surprendre le public… tout en minimisant la portée de l’ultime retournement de situation.

Plot twist

Dans les comics de Garth Ennis, l’arc final révèle que Homelander n’est pas le seul ennemi à abattre pour Butcher et sa bande. Depuis toujours, un clone du sups se cache sous le masque de Black Noir et commet des atrocités en son nom. C’est lui qui a violé Becca et agressé Starlight. Ce clone a été imaginé par Vought American à partir de l’ADN de Stormfront. Il est une arme secrète qui a pour seul but d’éliminer le chef des Seven s’il devenait trop dangereux. Mais au fil du temps, cette solution de secours est devenue le problème. Alors que Homelander se révélait parfait pour la mission qui lui a été confiée, Black Noir lui, a vrillé.

Frustré de devoir rester sous le masque, dans l’ombre d’Homelander, il finira par le tuer. Sa violence se déchainera ensuite, entraînant un déluge de combats dans les dernières pages. Alors pourquoi la série n’a-t-elle pas embrassé cette histoire à la fin ? Elle aurait pu la mettre en place malgré la présence d’un véritable arc pour le premier Black Noir et même pour le second. On peut imaginer que, pour Eric Kripke, changer l’identité de son grand méchant à la dernière minute était dangereux. Le créateur a pris de nombreuses libertés concernant le personnage, lui offrant un délire christique, une violence irritée d’un passé traumatique et faire basculer la responsabilité sur Black Noir aurait pu minimiser l’impact des précédents coups de sang du protagoniste.

Butcher n’est pas le méchant qu’il doit être

Mais finalement, là où ce retournement de situation aurait trouvé un sens, c’est dans la manière d’accompagner un véritablement retournement pour Billy Butcher. Dans la série, c’est la mort de Terreur qui offre au personnage campé par Karl Urban le moment adéquat pour mettre son plan à exécution. Il va aller au bout de son projet d’éradiquer les superhéros, quitte à tuer ses compères… On pourrait imaginer que la découverte de la véritable identité de Black Noir et la poursuite de son plan pour tuer Homelander traduise sa détermination à en finir et agisse en moment de rupture entre les Boys et lui.

On peut aussi noter que Butcher, dans les comics, tue ses compères et, en premier lieu Mother Milk, qu’il considère comme son complice de toujours. Frenchie et Kimiko subissent le même sort. Eric Kripke expliquait avoir voulu garder de l’optimisme au coeur de son procédé narratif. Hughie incarne d’ailleurs cet espoir, il est le seul à croire qu’un monde meilleur est possible et que les sups peuvent être utiles avec un système capable de les contrôler.

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